Accueil septembre 2010
Rod Stewart - Hallenstadion, Zurich - 22.06.10 (Reviews)

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Lorsque nous avons annoncé ce concert dans Daily Rock, nous avons laissé entendre que le bonhomme n'avait plus trop sa place dans nos colonnes depuis plusieurs années. Bon, on ne va pas polémiquer : nous nous sommes rendus au concert et nous voilà contraints de faire un “nostra culpa” : le vioque a de sacrés beaux restes. Bien sûr, tout ça est enrobé dans un beau décor scintillant propre en ordre, mais bon sang : quelle voix il a gardée !

Après une intro aussi tape-dans-les-mainstesque-que-du-Status-Quo-mais-en-mieux, voilà toute la clique qui débarque sur scène. Et ça fait du monde : 3 cuivres + 2 guitaristes + 3 choristes + 1 violoniste + 1 batteur + 1 percussionniste + 1 bassiste + 1 clavier + 1 Rod Stewart, soit 14 personnes au total ! Ça fait beaucoup de monde. Mais à la différence des Stones ou de Johnny Hallyday (pardon de cette seconde référence un peu peu 'limite' au goût de certains, mais c'est la même génération et apparemment pour tous la même évolution, avec toujours plus de monde et toujours plus de vestes flashy sur scène), Rod mettra systématiquement ses musiciens en évidence tout au long du concert. Classe. Et cette équipe n'aura pas mis long à faire se lever tout le monde (et oui, toutes les places étaient théoriquement assises). Il aura suffit d'un 'Sweet Little Rock 'n' Roller' (à l'intro Johnny-be-goodienne) et d'un 'Some Guys Have All The Luck' (illustré non sans humour en arrière scène par l'image – nous a-t-il semblé – de... Rocco Siffredi) pour emporter le morceau et pour que la sauce prenne (et non pas pour prendre la sauce du morceau de Rocco, hein, qu'il n'y ait pas de malentendu). Au vu de l'enthousiasme des tous premiers rangs, nous avons d'ailleurs ici une pensée pour ces pauvres VIP du Golden Circle qui ont tous été contraints de se décoller les miches du siège pour pouvoir voir la tignasse – toujours impec' malgré les années – de Mister Stewart. Au prix qu'ils ont payé, ça ferait presque de la peine pour eux. Non, on déconne. C'est comme ça, les concerts. Et ils ne donnaient de toute manière pas l'impression de trop s'en plaindre, les petits gredins.

Bon, on va pas vous faire la set list en entier, mais sachez que tous les tubes y étaient, même l'écœurant 'Do ya Think I'm Sexy', de cette sale période disco qui a également vu les Stones commettre le moisi 'Miss you'. M'enfin, c'est l'occase de mettre le bassiste en avant, c'est au moins ça. Sinon, on relèvera que les 3 choristes furent si impressionnantes sur 'The Rythm of my Heart' qu'elles ont certainement dû briser à ce moment-là plus d'un rêve de carrière dans la chanson. A l'inverse, on s'amusera d'avoir vu Rod se planter après un couplet sur 'Same Old Song', arrêter la chanson et s'excuser auprès du public avant de reprendre : bah oui, ça arrive même aux meilleurs. Et c'est plutôt bien de voir une telle simplicité à ce niveau. Quant au reste, on l'a dit, tous les tubes y sont passés, donc inutile de trop développer. Mais on peut néanmoins faire un constat : les briquets allumés par le public pendant les ballades comme à l'époque, c'est bel et bien terminé : pensez, sur un Hallenstadion garni de 6'300 personnes, on en dénombrait que quelques uns, lamentablement disséminés, sur 'I Don't Want to Talk About It'... Dans les réussites, par contre, il y a lieu de féliciter encore et toujours Rod pour l'idée de balancer des ballons dans le public sur 'Hot Legs' : c'est ludique, ça fait un super souvenir à celui qui en chope un, et ça permet à Rod de démontrer qu'il a toujours la forme à 65 ans, lui qui faillit devenir footballeur pro (heureusement, il s'est rapidement tourné vers l'alcool, ce qui a sauvé sa carrière).

En résumé : Rod Stewart, c'est pas pour headbanguer, mais c'est bien torché. Et même avec souvent de grosses louches de soul dedans, ça reste du rock, quoi qu'on en dise. Un mec bien, des chansons bien, un concert bien. Va bien, va bien, comme on dit.

www.rodstewart.com
[Gilles Simon]

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