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C'est un déluge de neige qui a accueilli les Américains de Stryper à Bienne. Mais il en aurait fallu plus pour décourager les fans du mythique groupe chrétien. Ils étaient tous là : les fans de rock, les juniors, les seniors, les grenouilles de bénitier, tous. D'ailleurs, ce concert avait ceci de singulier que, manifestement, beaucoup des personnes présentes étaient tout autant là en raison du message du groupe que de son style musical. Car rappelons-le, Stryper fait dans le hard rock et avait même des relents de metal au début de sa carrière : or, sans vouloir juger les gens sur leur apparence, il est clair que le public n'était pas tout à fait le même que pour un concert de hard dit “classique”. Mais Stryper est le groupe de métal chrétien le plus connu, voire même le groupe chrétien le plus connu, tous styles confondus (même si certains chrétiens vous diront que c'est U2). Alors forcément, quand ils viennent en Suisse, il faut aller les voir. C’est une sorte de pèlerinage...
En ce qui concerne le concert en lui-même, juste un mot pour souligner qu'il est étonnant qu'il n'y ait pas plus de concerts à Bienne, alors qu'il s'agit d'un bon compromis géographique tant pour les romands que pour les alémaniques. Un point pour les organisateurs d'avoir pensé à cela. Quant à la salle, c'était une salle à tout faire, pas spécialement rock'n'roll, mais jolie, avec son design relativement moderne et son côté boisé. Le seul défaut – en tout cas en apparence –, ce sont les places assises réparties dans les coins arrière droite et arrière gauche et qui ont l'air déconnectées du reste et surtout de la scène. Et le show de Stryper, dans tout cela ? Eh bien, c'était sympa. Première bonne surprise, le groupe a renoué avec l'une de ses marques de fabrique : il s'est remis à lancer des bibles dans le public ! Quand le soussigné écrit “bonne” surprise, n'y voyez aucune prise de position personnelle. C’est juste qu'ils étaient connus pour cela et qu'ils ne l'avaient plus fait pendant longtemps : du coup, c'est sympa de pouvoir dire qu'on a vu ça en vrai ! Sinon, le show était très pro, très carré, avec un passage en revue de l'ensemble de la carrière du groupe, des premières heures plus metal au dernier et excellent album “Murder by Pride”. Le chanteur, Michael Sweet, a assuré sans prendre trop de risques, n'allant chercher les notes aiguës que quelques fois dans la soirée... Mais malgré ce petit bémol, il faut admettre qu'il a une sacrée voix, le bonhomme. Après un best of de 1h30, et après un classique “To Hell with the Devil”, nous avons même eu droit à une cerise sur le gâteau : une prière de clôture. C'est pas courant, mais ça a manifestement plu, au vu du volume sonore du “Amen” final scandé par une grande partie du public.
Dans l'ensemble, ce fut donc un concert très agréable et agrémenté de choses pas communes (ah, oui, outre les gimmicks religieux, il faut encore signaler que le batteur, Robert Sweet, a la particularité de jouer de profil par rapport au public). Il est clair que le genre est particulier – pas dans la musique, mais dans le message – et que l'on peut avoir de la peine à adhérer. Il y a cependant une chose que personne ne pourra nier : Stryper a définitivement acquis le statut de groupe “culte”... |