Beaucoup de gens de ma génération (et certainement les 2 précédentes aussi) ont grandi avec les chansons d’Henri Dès. Alors si ce samedi  11 mai 2019, vous pensiez retrouver votre madeleine de Proust aux Docks, c’était sans compter sur les deux rigolos qui l’accompagnaient sur scène. La madeleine sentait le wasabi et la tequila pour un cocktail aussi curieux que sympa.

En première partie, le ton était déjà donné avec le groupe Climax. Autoproclamés stars dans la région de Chavornay, adulés comme des dieux dans les foires agricoles et les fêtes de jeunesse du nord vaudois, les musiciens de Climax semblaient très heureux de se produire devant le public des Docks, qui jusque-là, pour des raisons difficilement compréhensibles, n’avait pas encore succombé à leur charme. Une bonne heure de déconnade par une joyeuse troupe vêtue de seyants justaucorps faits maison. Dommage que l’on ne pouvait pas en acheter des pareils au stand du merchandising. Entre deux morceaux, on croit comprendre que la plupart des musiciens sont profs dans le civil et je me dit que les profs de mon époque avaient l’air bien moins drôle. Les textes sont bien trouvés, que ce soit « Love » ou « Jean-Claude Foulspid ». Et en plus, ils jouent un garage rock bien groovy en passant aisément d’un instrument à l’autre. Chapeau les gars. Par contre, je suggère de mettre un minimum de lumière si vous voulez vous avoir des photos live (cela dit si je devais jouer en public dans un justaucorps en laine, je préférerais moi aussi l’obscurité).

Entre les deux concerts du soir, Bérurier Noir se fait une place de choix dans la sono avec « Vietnam Laos Cambodge », puis « La Nuit Noire », ce qui me fait bien plaisir. Dans le public, il y a quand même pas mal d’enfants avec leurs parents. Pas sûr qu’ils s’attendaient à découvrir les Bérus, ni à voir ensuite les chansons d’Henri Dès pimentées par le duo d’Explosion de Caca. Je dois être un des seuls ce soir qui n’a pas grandi avec les chansons d’Henri Dès ou qui ne l’a pas déjà vu en concert, contrairement à Explosion de Caca.

Peu avant 22 heures, Henri et sa moustache débarquent ensemble sur la scène. Oui, ensemble, forcément ! Pierrick s’installe derrière sa batterie pendant que son compère Raphaël, aux allures de Marge Simpson, passe la sangle de sa Gibson double manche (basse dessus, guitare dessous). Dès la première phrase, c’est parti en karaoké géant. Visiblement, chaque chanson est un classique et la foule ne cache pas son plaisir. Faudra que je parle à mes parents, qu’ils m’expliquent comment notre famille est passée entre les gouttes. Entre les morceaux, c’est à nouveau très drôle avec anecdotes et vannes par wagon. Mention spéciale à la chanson écrite pour la naissance de Camille que Pierrick mime pendant qu’elle est jouée. Quel chouette grand frère ce tonton.

Je crois que le public s’est bien amusé et je dois admettre que moi aussi.

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