A peine arrivée sur le site du festival que c’est déjà l’heure de la première interview ! Mon acolyte n’étant pas encore arrivée à destination, je pars seule retrouver Lzzy et Arejay du groupe Halestorm en backstage. Rencontre avec deux personnes plus que sympathiques qui m’ont accueillie à l’américaine, comme si on se connaissait depuis 10 ans.


Arejay : Merci de nous accueillir ! Comment tu vas ?
Super, je viens d’arriver sur le festival et vous ?
Arejay : Oui, on sort pratiquement du lit (rires) !

Où étiez-vous hier ?
Lzzy : On était à Munich et avant à Budapest.
Arejay : On a eu un jour de repos, c’était cool.
Vous avez pu faire les touristes du coup…
Lzzy : Oui, je crois qu’on a marché environ 12 miles (20km) !
Arejay : Ce qui est cool des jours comme aujourd’hui, c’est qu’on finit vers 16h donc on a plein de temps après pour explorer le festival.
En plus vous avez de la chance avec le temps ! Hier il pleuvait et il faisait froid !
Lzzy : Vraiment !? Normalement, on amène le mauvais temps. A cause du nom du groupe, c’est comme une malédiction.
Aujourd’hui ça a changé !
Lzzy : Le sort à été levé ! (rires)

Vous changez votre setlist tous les soirs pour éviter la routine, comment ça se passe pour les festivals ? Vu que ce n’est pas uniquement votre public, avez-vous les mêmes « critères de choix » ?
Arejay : On a les mêmes arrangements. Mais pour les festivals où on a un set plus court, on doit jouer nos morceaux les plus populaires.
Lzzy : Oui, par exemple, on ne peut pas faire un de ces concerts sans jouer I Miss The Misery. Mais on veut avoir de la place pour jammer. On a quelques moments dans le set où on peut sortir des rails et on ne sait pas comment ça va se terminer donc on doit être attentifs. Ça c’est fun ! Bien sûr, on doit placer les baguettes géantes !
Arejay : C’est clair (rires) ! Beaucoup de ces festivals sont loin de chez nous et on est encore un « jeune groupe » dans ces pays. C’est un peu comme si on recommençait à zéro, comme si on devait se présenter, donc c’est important d’avoir ces morceaux populaires.
Lzzy : Mais on n’a pas un set de ballades. C’est rock’n’roll ! (rires)

Quel feeling y a-t-il avec ce public qui n’est pas forcément le vôtre ?
Arejay : On voit de plus en plus de fans dans les festivals par ici.
Lzzy : Avec nos t-shirts !
Arejay : Oui, on les remarque et on se dit « Ah ! Our people ! » (rires). Mais il y a encore beaucoup de gens qui ne nous connaissent pas et il faut les conquérir.
Lzzy : C’est cool car ça nous ramène à nos débuts, quand tu n’as que quelques morceaux et que tu dois convaincre les gens, leur prouver que t’es bon et leur montrer tout ce que tu peux faire en si peu de temps.
Arejay : ça nous évite de nous ennuyer !
Lzzy : C’est une énergie différente. Quand on fait nos propres concerts, on a passé l’étape du « handshake », on peut se permettre de raconter des histoires car on sait que les gens sont là pour nous. Dans ces festivals, on doit tout donner !

Vous trouvez que c’est difficile de jouer aussi tôt ?
Arejay : Non, j’aime bien ! Il y a peut-être 10 ans, on était habitués à être la première partie, à jouer très tôt dans les festivals. Ça nous ramène un peu à nos racines… (rires)

L’avantage c’est qu’après, vous êtes tranquille. Il y a des groupes que vous avez envie de voir ce soir ?
Lzzy : Le plus possible ! C’est une des seules fois où on a du temps donc on va profiter ! Quand t’es en tournée, tu n’arrives jamais à voir autant de groupes que tu le voudrais. Tu es toujours en train de faire quelque chose ou alors le timing ne fonctionne pas. Donc là, on n’aura pas besoin de se préoccuper de l’échauffement ou des interviews après le show.
Arejay : On peut commencer à boire tôt et on peut regarder les autres travailler (rires) !
Lzzy : Ce que j’aime dans les festivals, c’est que ça ne ramène à mon adolescence. Je peux aller dans la foule et me déchaîner ! C’est comme une drogue pour moi.
Arejay : On a aussi l’occasion de voir plein de groupes dont on n’a jamais entendu parler. Beaucoup de ces groupes sont des groupes qu’on ne verrait peut-être pas autrement.
Vous aurez d’ailleurs l’occasion d’entendre de la musique traditionnelle Suisse avec les Cors des Alpes juste après l’interview.
Les deux : Trop bien !

Vous avez le temps d’écrire quand vous être sur la route ? Les festivals sont-ils une source d’inspiration ?
Lzzy : Absolument ! On va jouer un nouveau morceau aujourd’hui qu’on n’a pas mis sur notre dernier album pour je ne sais quelle raison. C’est le genre de chanson qui est complétement inspiré de la grandeur d’un festival. Ça inspire des grands mouvements, tu peux faire du headbang, taper des mains, etc.
Arejay : Jouer dans des festivals nous inspire car on veut que ces grandes foules participent et se sentent concernées.
Lzzy : On écrit tous les jours et c’est devenu plus simple au fil du temps, principalement grâce…
Arejay : à la technologie ! (rires)
Lzzy : Oui, on peut juste tout enregistrer sur nos téléphones ! Mais surtout, les tournées, c’est 90% de notre temps. On a pas vraiment le choix du coup.

Est-ce que c’est un peu devenu un luxe de pouvoir faire une pause entre deux tournées pour faire un album ?
Arejay : Pour ce dernier album, on avait plus de temps en studio. Au final, on écrivait et on enregistrait en même temps. On n’avait pas vraiment de deadline donc on pouvait prendre notre temps et faire ce qui nous réj.
Lzzy : Notre calendrier en général ressemble à ça : on va être sur la route pendant quatre semaines, parfois six, ensuite on a une semaine, peut-être même dix jours, de vacances. La maison, c’est devenu les vacances.
Arejay : « Staycation » ! (rires)
Lzzy : Donc la vraie vie, c’est la tournée et les vacances, c’est la maison. C’est comme un Airb’n’b mais dans ta propre maison. Tu ne sais même pas où sont les choses (rires) !
Ça a l’air plutôt sympa…
Lzzy : Oui !
Arejay : Je suis en vacances mais au milieu de mes affaires !

Votre meilleur souvenir dans un festival ?
Arejay : Tu ne peux pas demander ça !
Lzzy : Je jure, et je ne le dis pas parce qu’on est ici mais, quand je suis sortie du bus ce matin, que j’ai vu les montagnes et qu’un p***** d’aigle qui vole au-dessus, je mem suis dite « mais je suis où ? » (rires)
Arejay : oui, c’est sûrement un des plus beaux festivals où on a joué. C’est à couper le souffle !
Lzzy : Quand on était petits, tout le monde à l’exception de nos parents nous demandait pourquoi on voulait être dans un groupe, on nous disait que c’était stupide. Ce matin, en sortant du bus, c’était de ces moments où j’ai envie de dire à tous ces gens « oui, on est fous, mais on n’est pas stupides ». Si on n’était pas dans un groupe de rock, on ne verrait pas ça. On ne serait pas là pour faire un concert de rock au milieu des montagnes ! Mais les festivals en général, c’est cool. Je me souviens d’une année où on jouait au Download et ça c’était transformé en « Mudfest ».
Arejay : Et il faisait froid ! Quand les gens bougeaient un peu, on voyait la vapeur s’échapper de la foule.
Lzzy : On ne pouvait même pas différencier les hommes des femmes, c’était juste des « personnes faites de boue ». C’était fou !
Arejay : La première fois qu’on a joué au Download, ça a été une grande inspiration pour Freak Like Me. C’était un peu comme ici, très intense. Les gens sont au camping, ils ne mangent pas pendant une journée entière, ils boivent seulement de la bière en cirant « yeaaah ! ». Ils vivent le moment.
Lzzy : D’où l’avantage de jouer tôt ! Les gens ne sont pas encore trop ivres. (rires)
Arejay : Mais j’aime bien quand ils sont ivres. « Plus ils sont bourrés, mieux on sonne ! »

Savez-vous ce que signifie Interlaken ?
Lzzy : Non…
Arejay : Je… Est-ce qu’on est sur le point de le découvrir ?
Ça veut dire « entre les lacs » puisque la ville est entre deux lacs !
Lzzy : Aaaah ! Oui, c’est logique.
Arejay : C’est chou !
Lzzy : Il faut qu’on aille voir les lacs du coup !
Arejay : Comment sont les hivers ici ? Aux États-Unis, genre dans le Michigan, il fait très froid à cause des lacs.
Et bien, on est en Suisse donc, par définition, en hiver, il fait froid.
Tous : (rires)

Si vous ne pouviez en choisir qu’un, chocolat ou fromage suisses ?
Arejay : Ah, le chocolat, sans hésiter !
Lzzy : Carrément ! J’aime beaucoup le fromage suisse mais s’il est opposé au chocolat…
Arejay : Je suis pas trop produits laitiers…
Lzzy : Je vais plonger la tête la première dans une montagne de chocolat suisse après le show ! (rires)
D’ailleurs quand vous êtes venus à Lausanne on vous avait offert du Tolberone…
Lzzy : Ah oui ! Il n’a pas fait 20 minutes ! (rires)

La série que vous « binge-watchez » dans le bus pendant la tournée ?
Lzzy : Là je suis dans Black Mirror.
Arejay : AH ! LA NOUVELLE SAISON EST SORTIE ?!
Lzzy : J’ai regardé qu’un épisode de la nouvelle saison mais j’ai envie de tout regarder à nouveau. J’arrête pas d’y pense !

Pour terminer, une chanson pour décrire le Greenfield ?
Lzzy : (en chantant) The hills are alive with the sound of music ! (ndlr : The Hills Are Alive – Julie Andrews)
Arejay : (en chantant) Ain’t no mountain high enough ! Ain’t no river wide enough ! To keep me from getting to you babe (rires) !
Lzzy : Ou encore (toujours en chantant) : The man on the silver mountain !
Et bien on ne pouvait pas faire mieux pour finir !
Arejay : Y a pas de quoi ! « Free entertainment ! »
Lzzy : Merci d’avoir pris le temps de parler avec nous !

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