Texte: Sandra Lehmann & Pauline Elmer
Photos: Maud Robadey & Andy Gaggioli

Photo ©Andy Gaggioli

Intro (Sandra Lehmann)

Déjà la douzième édition du Greenfield Festival ! Le festival, réunissant groupes de légende tout comme les nouveaux venus prometteurs de la scène rock au sens large du terme a commencé hier sous un soleil particulièrement rayonnant ! Répartie sur les trois scènes, la programmation éclectique a tenu ses promesses en matière de qualité et l’équipe du Daily Rock est de retour sur les terres d’Interlaken pour vous raconter ce qu’il s’y passe.

Rien n’évoque l’été mieux qu’un festival ! Et pourtant, chaque année, les cheveux gras, les pieds en compote et la nuque hors-service due à l’excès de headbanging, on se jure qu’on est trop vieux pour ça et qu’on ne nous y reprendra plus. Mais l’année suivante, à chaque fois, les rayons de soleil nous font ranger ces douloureux souvenirs dans un coin de notre tête, et sans s’en rendre compte, on se retrouve un billet en poche et la tente sous le bras.

Tout journaliste ayant connu des festivals à l’organisation médiocre sait que le Greenfield ne fait pas partie de ceux-ci et qu’il peut s’attendre à une ambiance professionelle tout en restant rock’n roll !

C’est Alphornbläser qui se charge d’ouvrir les festivités sur la Jungfrau Stage, scène principale, suivi par le punk rock entraînant de Überyou, deux lives que nous avons suivi d’une oreille distante puisqu’ils avaient lieu durant notre interview de Against Me! (toutes les interiews effectuées durant le festival paraitront dans notre numéro de la rentrée en septembre et sur le site, stay tuned!) qui sera d’ailleurs le prochain groupe à fouler la Jungfrau Stage.

Photo ©Maud Robadey

Against Me ! (Sandra Lehmann)

La notoriété des punks américains de Against Me! n’a cessé de grandir depuis de la sortie de l’album ‘Transgender Dysphoria Blues’, avec lequel la chanteuse Laura Jane Grace a révélé sa dysphorie de genre et sa transition. Le groupe ne perd pas de temps pour balancer ses tubes: c’est par le titre habituel de fin de setlist qu’ils commencent: ‘Pint of Guinness makes you strong’, puis enchaîne avec ‘I was a teenage anarchist’ ! De quoi ravir en quelques minutes autant les fans de la première heure que les nouveaux ! Le groupe habillé intégralement en noir contraste avec le soleil, mais aussi avec une bonne humeur qui ne les quitte pas un instant malgré une foule passive bien que présente devant la scène. On sent que le public des premiers rangs et à la barrière est là pour les groupes suivants de la soirée.

Depuis l’annonce de sa transsexualité, Laura Jane Grace parait plus à l’aise en live que jamais ! On peut s’attendre à tout avec eux : il y a tout juste une année, Laura brûlait sur scène son certificat de naissance en signe de révolte contre des décisions politiques prises en Caroline du Nord ! Against Me! dégaine ses hymnes trans comme ‘Transgender Dysphoria Blues’, ‘Delicate, Petite and others things I’ll never be’ ou ‘True Trans Soul Rebel’. On déplorera l’absence de titres plus politiques comme ‘Baby, I’m an anarchist’, mais le temps de jeu de quarante-cinq minutes du groupe en est sûrement la raison.

Saluons également la performance et l’alchimie de groupe: Inge Johannson à la basse, incapable de tenir en place, Atom Willard dans le rôle du batteur énergique qui tape agressivement, un James Bowman calme mais efficace à la guitare et Laura Jane Grace qui échange juste ce qu’il faut avec le public. Le tout confère au show une dynamique de scène qui fonctionne à merveille et reste sincère.

Le running order ne nous a malheureusement pas permis d’assister au concert des Fribourgeois de Fensta, le groupe prometteur de rock teinté de rap, ou de rap teinté de rock, c’est selon, qui a gagné le tremplin suisse romand du Greenfield.

Sum 41 (Pauline Elmer)
Photo ©Maud Robadey
Malgré un créneau dans l’après-midi, Sum 41 a su rassembler la foule. En effet, dès le début du concert, les festivaliers se sont pressés devant la Jungfrau Stage pour voir le groupe qui a bercé l’enfance et l’adolescence de la plupart d’entre nous. Trois d’entre eux ont eu la chance d’aller suivre le concert sur le côté de la scène. Sum 41 a su nous faire plaisir en variant les plaisirs, nous présentant une dizaine de titres de toutes époques, dont deux de ’13 Voices’, leur dernier album sorti en début d’année. La fin du concert était cent pour-cent old school avec le combo ‘Still Waiting’, ‘In Too Deep’ et pour finir en beauté, ‘Fat Lip’.

Malheureusement, le son n’était pas au rendez-vous. Le chant de Deryck Whibley était parfois presque inaudible alors que les basses disparaissaient d’un moment à l’autre. Jason McCaslin a su rester classe et cacher son mécontentement, mais on pouvait se rendre compte d’une certaine exaspération de ces problèmes techniques. Lesdits ennuis concernant le son nous ont également empêchés de nous plonger dans le concert comme il se doit.
Five Finger Death Punch (Pauline Elmer)
Photo ©Andy Gaggioli
Fort heureusement, les ennuis de la régie son ont été réglés à temps pour le concert de Five Finger Death Punch. Nous avons donc eu droit à un son bien équilibré.

L’ambiance survoltée a su nous emporter dans l’univers du groupe de Vegas. ‘When I say Five Finger, you say Death Punch’, ce slogan nous aura accompagné durant plus d’une heure, temps que le groupe a passé sur scène. Parmi la foule en délire, plusieurs jeunes gens courageux ont décidé de se lancer dans un slam … en chaise roulante ! Autant dire que le groupe a un fandom très présent ! Nombreux étaient les spectateurs avec une main rouge dessinée sur le visage, à l’instar de l’emblème de 5FDP et la foule a su reprendre en chœur de nombreux titres. Nous avons d’ailleurs été gâtés concernant la setlist, car le groupe a enchaîné ses tubes alternant les bons gros riffs heavy et les balades. C’est ainsi que nous avons pu entendre ‘Got Your Six’, ‘Jekyll & Hyde’, ‘Under and Over It’, ‘Remember Everything’ et ‘Lift me Up’ entre autres. Tommy Vext de Divine Heresy est venu partager la scène avec Ivan Moody le temps de ‘Wash it all Away’. L’énergie du groupe et de la foule a fait plaisir à voir, on a pris notre pied !
In Flames (Pauline Elmer)
Photo ©Pauline Elmer
Tête d’affiche de ce jeudi soir, In Flames a, comme à son habitude, fourni un concert de qualité. Les Suédois ont une maîtrise de la scène impressionnante et une précision implacable. C’est avec des titres assez anciens que le groupe a démarré son show. L’ambiance était à la fois planante et énergique, nous étions comme transportés dans un monde parallèle. Le jeu de lumière et la fumée donnait au spectacle un air quasi onirique. On regrettera toutefois le public un peu moins présent que pour Five Finger Death Punch, cela étant probablement dû au concert de Suicide Silence se déroulant en simultané sur la scène de l’Eiger, à l’autre extrémité du festival.

La prestation était forte en émotion, spécifiquement lorsqu’Anders Fridén a pris quelques minutes pour introduire ‘Here Until Forever’, chanson écrite pour son fils de neuf ans. Il a dédié cette chanson peu jouée en live (pour la deuxième fois seulement depuis la sortie de ‘Battles’, et pour la première fois en Europe), à son ami Justin dont il a appris le décès soudain avant de monter sur scène. La chanson a pris le public aux tripes et certains d’entre nous on versé une larme. La prestation de ces grands habitués du Greenfield nous a totalement séduites de par son émotion et sa justesse.

 

Conclusion (Sandra Lehmann)

Cette première journée fut intense mais s’est déroulée à merveille grâce au sens de l’organisation carrée qui semble être innée chez les Suisses Allemands !

Notre planning serré nous a permis d’apercevoir des bribes des lives des légendes de Kreator, distillant leur thrash sans retenue et de A Day To Remember et leur metalcore à tendance tantôt emo, tantôt pop.

On a apprécié: Björn de In Flames qui lit notre dernier numéro de Daily Rock en attendant qu’on prépare le matériel pour l’interview, le lightshow de In Flames et l’hommage émouvant de In Flames à leur pote décédé l’après-midi même
On a moins apprécié: les problèmes de son sur Sum 41
Le truc insolite du jour: un slammeur en chaise roulante

Björn Gelotte – In Flames
Chris Kael – Five Finger Death Punch

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