Tout impatient, je piaffais de faire découvrir en live le ‘pea funk’ de General Elektriks à mes charmantes invitées. Première impression particulière en arrivant à l’intérieur du D !Club, un apéritif très after-work de banquiers/avocats/designers nous attend. C’est du moins l’impression qu’ils donnent. Atmosphère chill-out au bord de la piscine d’expats à Bali. 
Le staff, bien que débordé, est aux petits soins et nous accueille avec chaleur.

Le Daily Rock semble lu et apprécié dans ces contrées.
 C’est qu’à Lausanne, mes lointaines études à l’EHL en attestent, on sait faire la fête, sans cloisonnement et recevoir les nouveaux arrivants.
 Pourtant même après un petit verre et des petits fours, j’avais un peu de mal à projeter mentalement cette distinguée clientèle se transformer soudainement en danseurs fous sur les beats pop rock et funky de General Elektriks. 
J’avais tort. Ô oui j’avais tort.

Dès les premières mesures la salle se transforme en énergie pure de félicité. C’est que les modern soul brothers savent malicieusement mettre le feu et la bonne humeur où qu’ils passent. Que ce soit au JVal Festival l’été dernier ou ici, ils sont chez eux partout. Le D! Club est un parfait écrin, à taille humaine. On est nombreux, jusqu’aux galeries mais pas compressés, permettant ainsi de tourbillonner à loisir.

Une bonne partie du dernier album, ‘To be a stranger’, y passe avec maestria. 
Et refrains repris en cœur par la foule des décravatés/déchignonnées. 
Ils nous gratifient même d’une chanson quasi-inédite qui figurera sur le prochain album. Très suave, comme si les Daft Punk avaient rencontré Curtis Mayfield en fin de soirée. Let’s just kiss and say goodbye… Ce n’est pas le moment ni les mêmes.
 Vint ensuite le presqu’inévitable ventre mou (oui, ce n’est pas Pig Destroyer) au milieu du concert, très Croisière s’amuse… Pourtant très applaudi. Normal, nous ne sommes pas chez nos amis du bout du lac, bande de blasés ! Je parle pour moi aussi : ne manque plus que le Capitaine Stubbing.

Moi ce sera un verre du côté d’Isaac et d’une accorte Julie, le temps de voir le tempo remonter de deux crans.
 Le feu funky fresh soufflera rapidement sur l’assistance avec le phénoménal ‘The Spark’ précédant ‘Raid the Radio’, leur tube que j’aime le moins pourtant. Ce n’est de loin pas le cas du public survolté qui chante, respire, hurle, vit, bondit dans tous sens comme le chef d’orchestre Hervé Salters à la tête de cette diablerie bien huilée quoique spontanée.
 J’en profite pour mieux scruter la foule. Sur la gauche, en bas, tout devant, une jeune trentenaire qui semble ressentir la ‘vibe’ de manière très intérieure mais extravertie (c’est tout un art), là à droite du côté de la scène un agent de la sécurité le sourire aux lèvres (je vous jure) et à quelques centimètres mes accompagnatrices, dont une talentueuse photographe et une plume très prometteuse de notre bien-aimé journal, reluquant avec délice les poses d’ancien porn-star du légendaire bassiste/claviériste Jessie Chaton sur l’élégant ‘Whisper to Me’. 
L’ambiance est tellement bonne, juste et vraie que ce n’est pas un rappel qui est réclamé et proposé mais deux! 
General Elektriks a tout donné à son public, conquis et heureux, ils sortent lessivés et nous un peu plus vivants.
 [Frederic Saenger]

 

 

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