Avec une température de plus de trente degrés à l’extérieur des Docks, on pensait bien que la soirée allait être torride. Surtout que l’on s’est vite aperçu que l’on ne pourrait pas compter sur John Dear en première partie pour brasser de l’air. Le duo lausannois jouant à fond son rôle de chauffeur de salle, déposant avec son rock à la rythmique génialement bourrue, un premier tapis de braises sur la scène.

Tapis de braises dont Gary Clark Jr a semblé fort bien s’accommoder d’entrée, lançant dans une peine-ombre imposante le riff moite de ‘Bright Lights’. Le gaillard semblait vouloir pousser sans vergogne le curseur du thermostat à fond. Pourtant en alignant ensuite une demi-douzaine de titres récents, dont la construction laisse une place réduite à l’improvisation, le climat restait étonnamment presque respirable. Une première moitié de concert conclue par un ‘You Saved Me’ dont le tempo lent n’avait pour effet que de repousser une dernière fois l’inéluctable.

Car désormais sorti de cette première ligne relativement claire, Gary Clark Jr a semblé lâcher prise, comme s’il avait choisi d’accepter de ne plus tout contrôler, et de balancer des solos intenses, bouleversants, toujours soutenu dans ses plus grands écarts par un band impeccable. Touchant au génie avec un ‘When My Train Pulls In’ débuté d’une solitaire ligne de guitare, glissant à coup de solos magiques sans cesse hors de son cadre original et se terminant près de quinze minutes plus tard dans une débauche d’énergie affolante. Le cri du cœur lâché par le guitariste montrait bien à quel point il avait laissé parler son âme la plus profonde. Les décibels, comme la température étaient définitivement hors de contrôle. Le concert aurait pu trouver là un épilogue à la hauteur du génie du bonhomme, mais Clark Jr n’était pas encore prêt lâcher son public repoussant par deux fois le moment de quitter la scène après un ‘Pearl Cadillac’ somptueux. Et de franchir une dernière limite, à son retour sur scène, en balançant au bout d’un rappel à trois étages, une version tellurique de sa reprise du ‘Come Together’ des Beatles. Torride, la prestation de deux heures et demi avait tenu toutes ses promesses.

www.docks.ch

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.