C’était le premier et deux septembre dernier qu’avait lieu la quatrième édition du Rock en Stock à Riddes, en Valais. Changement de comité et changement de lieu. Il fallait bien que le Daily Rock se déplace pour voir de quoi il en retournait. Alors est-ce que cela en ‘ Valais’ la peine. Lis et tu sauras ! Seule la soirée du samedi est chroniquée en ces lignes, même si la soirée du vendredi fût une sacrée réussite.


 

Premier groupe à ouvrir les feux, Preacher Gun. On rentre de plain-pied dans un style proche de ce que faisait un groupe comme Pantera à l’époque. Laurent Séverin, batteur et leader de la formation arrive le premier sur scène et s’installe derrière son imposante batterie Roland électronique. Et c’est parti pour un premier morceau bien pêchu. S’ensuit une intro du guitariste Roberny, avec un effet ‘Flanger’ des plus réussi. Le géant bassiste ou le bassiste géant, agresse sa basse et martèle ses cordes avec conviction. Il offre un magnifique support rythmique tout du long. On sent le combo un peu sur la retenue, nerveux. On ne leur en tient absolument pas rigueur. La formation n’a qu’une année. Leur bassiste officie à ce poste depuis deux mois et c’est leur tout premier concert. Que celui qui serait relax lève le doigt ! De plus, quelques légers problèmes de retour semblent les agacer un peu. Des ‘riffs’ accrocheurs et des cassures rythmiques saillantes agrémentent leurs compositions. Seules, à mon sens, les lignes vocales pourraient être plus variées, et avec moins d’effets. Malgré le fait qu’il aura fallu au groupe la bonne moitié du set pour vraiment se mettre dedans et déployer un réel potentiel, le moment fût très agréable. Preacher Gun est très bien armé pour une suite prometteuse.

Les premiers rangs se garnissent davantage, et nous sentons que le groupe qui suivra est clairement attendu. Dawnless n’a plus besoin d’être présenté.

Le premier titre, mid-tempo, est groovy et permet au groupe de se mettre en place. Le combo est tout sourire, mais semble très concentré. Bertrand le frontman n’hésite pas à plaisanter entre les morceaux et sa bonne humeur est communicative. Il soutient à merveille son lead guitariste qui prend les devants lors de solos bien sentis. Solos que parfois nous peineront à bien distinguer dans la sono. Dommage au vu de la dextérité du bonhomme. Le claviériste se fait remarquer par ses parties de clavier très bien interprétées. Il n’est pas payé pour ne faire que des ‘nappes’ et c’est tant mieux. Par contre, il brille aussi par sa discrétion et une pointe de nonchalance. Ce qui ne gâche bien sûr en rien ses qualités musicales. En fait pour moi, tant scéniquement que musicalement, il est un Tuomas Holopainen (Nightwish) mais avec des cheveux châtains. La section rythmique est excellente. Le bassiste suit parfaitement le batteur. Batteur qui, à l’aide de ‘paradiddles’ ou autres finesses, donne une richesse supplémentaire à l’ensemble. Un merci et un bravo sont de rigueur pour nos héros bagnards.

L’expression ‘ ça va saigner ’ prend tout son sens avec Bloodlost. On a droit à un concert de trash pur et dur. Les fans de Kreator, Annihilator ou encore Slayer sont aux anges. Alors que les premiers ‘moshpit’ démarrent, le déjanté leader aux dreadlocks rouges hurle dans son micro comme si sa vie en dépendait. Un batteur ultra physique et brutal est derrière les fûts. La régularité de ses ‘blast beats’ à des tempos supersoniques est ahurissante. Petite anecdote, l’homme est batteur dans une fanfare de la région valaisanne. Si c’est lui qui imprime la cadence lors des défilés, mieux vaut avoir des baskets plutôt que de jolis souliers bas bien cirés.

On baisse un peu le tempo pour un titre plus lent, très typé ‘Dead Skin Mask’ de Slayer. Je crois qu’un peu de calme, si relatif soit-il, fait du bien. Ce qui me déplaît dans ce set tout en agression, c’est que tous les titres ont tendances à se ressembler dans leurs structures ou leurs rythmiques. Mais c’est à mon sens, un peu le principe du vrai trash. Le fantôme de Slayer planait tout du long de la prestation de Bloodlost dans nos esprits, et quoi de plus logique de leur part que de nous offrir une excellente reprise de ‘Raining Blood’. Quelle interprétation ! Bloodlost, les règles du trash !

Place à la tête d’affiche de ce soir, Blasted. Pas besoin de mise en place ou de round d’observation, on rentre dans le vif du sujet immédiatement. Cela sonne rond, puissant et imposant d’entrée. Leur metal typé Lamb of God fait mouche. Le groove est omniprésent grâce un à Simon Claret impeccable. Son inventivité lors de ‘breaks’ et sa précision à la double pédale, notamment lors de rythmiques syncopées, conduisent bassiste et guitariste sur le droit chemin. Carloz en sa qualité de ‘frontman’ est exemplaire. Son charisme rempli l’espace. Son interaction avec le publique permanente et bien amenée. C’est un personnage avec un grand `P` ! Ses capacités vocales en mode ‘growls’ sont bluffantes et il n’a rien à envier à un Randy Blythe (Lamb of God). Dommage que sa voix ‘clean’ manque de justesse notamment en début et fin de set.

Carloz joue pour la première fois devant sa petite fille de six ans, et Simon Claret est devenu père il y a peu. Cela peut peut-être donner des ailes, car leur concert est d’une énergie incroyable. Le set est fluide, rodé, professionnel. Blasted annonce dans la foulée un nouvel album pour 2018. Sous la lettre ‘B’ de ma CDthèque, je découvre à l’instant que j’ai un espace libre, parfait !

Le nouveau comité du Rock en Stock a fait carton plein. L’organisation était efficace et l’ambiance conviviale. Le seul point noir, c’est qu’il en manquait de cette couleur. Un effort sur la décoration nous aurait permis d’être encore plus immergés dans ce monde metal que nous chérissons.

Sous des ‘riffs’ bien lourds, nous avons sué, humidifié nos t-shirts et nous sommes presque liquéfiés. Prouesse, pour un festival à Riddes. Merci à Polo et à ses équipes pour ce très bon moment de musique et on se dit à l’année prochaine.

Une réponse

  1. Pittet Christophe

    Bravo pour la chronique du Rock en stock de Riddes.
    Dommage de ne pas avoir citer le nom des quatre groupes de vendredi soir,un coup de pub et toujours bon à prendre.
    Bonne continuation et cordiales salutations,Christophe.

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