Il y a tout juste un an sortait Extase 16, le premier volet d’une trilogie à venir, fruit de la Biennoise Corinne Sudan et illustré par Stephan Hostettler.


Résumé

Le premier tome de cette trilogie relate les quelques mois durant lesquels Joe Offence vit le plus clair de son temps dans sa cave, avec sa guitare et son meilleur ami Tom.

Il évoque son hyperactivité imprégnée d’un trouble certain d’attention pour les choses qui le barbent. Il aborde sa rencontre avec Tom qui devient très vite un être indispensable dans sa vie. Aussi, il raconte comment sa mère refusant d’utiliser l’ordonnance médicale du psychiatre, prescrite pour calmer sa ferveur, lui offre une guitare afin de lui donner l’opportunité d’équilibrer son esprit créatif et impulsif d’une manière saine.

L’année suivante, elle s’en va suite à un cancer. Dès ce moment, Joe décide de prendre en considération les paroles de sa mère : « Prends ton temps et retrouve-toi dans ce que tu aimes et ressens. Ne t’en fais pas, tu te trouveras. Suis ton cœur et rien d’autre. Et… sache que tout ce dont tu as besoin est dans ton âme. »

C’est avec Tom qu’il a fondé son groupe punk rock. Quelques années plus tard lorsque le troisième élément se pointe devant leur nez, Grégoire, Joe se voit prononcer le nom Extase en mémoire à un rêve érotique qu’il faisait souvent. C’est alors qu’Extase est né.

Style

Écrit à la première personne, c’est un style parlé et même relâché, empli de tics de langage, avec des mots approximatifs, des tournures familières, voire vulgaires et des expressions parfois dévalorisantes face à lui-même. Cependant, le texte se veut drôle et cet humour un peu décalé provient surtout d’images employées, d’expressions inattendues et d’argots.

De plus, Joe a cette interpellation du « vous » qui, dès les premiers mots, place le lecteur entre la curiosité et la connivence. « C’est à vous lecteurs que ce récit s’adresse, directement et sans complexe, aucun. »

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Caractère du personnage

Le caractère du personnage apparaît clairement dès le début du récit, ne serait-ce que par sa façon de s’exprimer, mais également par son comportement.

Joe se démarque de ses camarades, qui tous sont inscrits dans une école supérieure pour la rentrée prochaine, alors que lui ne compte pas aller à l’École de Culture Générale. « Bah, le souci… c’est que je vais pas y mettre un pied. Paps, calme-toi. Y s’agit de ma vie. Je veux pas dire que t’as rien à dire, mais, limite. »

Il est à part, en dehors, et selon ses propres termes : « Terrifié » par le fait de devenir un homme : « J’ai la trouille de la transformation. » « Que deviennent les hommes lorsqu’ils perdent tout contact avec leur âme, leurs envies et leurs rêves » ? Il n’est pas comme les autres, en somme il n’est pas « normal ». Joe est habité par une grande sensibilité et peut être par moment ambivalent dans ses relations avec les autres. C’est un personnage un peu marginal, avec un esprit de rébellion. Il éprouve de profondes difficultés à trouver sa place dans le monde, ce qui l’amène à construire sa vie aux travers de ses textes et aux sons des cordes de sa guitare.

C’est de l’intérieur et de façon intime que le lecteur apprend à connaître Joe.

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Construction du livre

Ainsi apparaît la construction du livre ; la fin reprenant les éléments du début, mais il y a entre les deux l’épaisseur d’une vie et la saisie sur le vif d’un grand musicien en devenir.

La clé du roman est donnée par Mr. Meirer, fondateur du Geneva Rock Festival, qui fut jadis guitariste dans un groupe genevois, mais pour lequel la scène était porteuse d’angoisses. C’est alors qu’il a pris la décision de mettre en avant d’autres artistes en restant dans l’ombre de ses créations.

L’auteure 

C’est en 2013, suite à un rêve, que la vie de Corinne Sudan bascula dans l’écriture. Cette ancienne thérapeute, qui a passé plus de 10 ans à accompagner des adolescents, eu le souhait de soutenir ces jeunes adultes par le biais de l’écriture : « Faire parler un jeune en incluant la musique, le skate, l’amour et le sexe… pourrait permettre aux lecteurs de grandir en tant qu’individus à une période où ils rejettent l’adulte, et ainsi pouvoir s’identifier en fonction de leur époque. »

Afin de se vêtir de ce nouveau manteau, Corinne Sudan a travaillé durant quatre années pour s’installer dans la peau d’un adolescent, à se positionner dans celle d’un garçon et dans celui du musicien.

Tout au long de ce parcours, elle a eu l’opportunité de redécouvrir de vieux groupes, qui tous ont inspiré des instant clés dans l’écriture. Au Zénith à Paris, elle se retrouve devant la scène ; ses yeux ne quittent pas Slash et son jeu de guitare. Sa prestation étale à la perfection ses écrits concernant l’union du musicien avec son instrument. Des moments magiques qui l’invitent à continuer sur ce chemin non moins périlleux, mais tellement riche en émotions.

« En effet, la musique fait partie intégrante d’Extase. Petit à petit, je lâche mon métier de thérapeute pour me consacrer uniquement à l’écriture.  Le texte s’écrit au rythme des guitares, des toms et des cymbales. L’inspiration et les images me viennent pendant et après les concerts », exprime-elle à ce sujet.

En 2017, suite au refus de plusieurs maisons d’édition, la Biennoise décide de s’auto éditer, mais avant, elle envoie son manuscrit à quelques adolescents, car en fin de compte, c’est pour eux qu’elle écrit. « Ils furent enthousiastes et m’aidèrent à « améliorer » le vocabulaire jeune de l’histoire. »

 

Vous pouvez commander Extase 16 sur le site d’Amazon ou directement en contactant l’auteure.

Le deuxième volet arrive tout bientôt, vous reprendriez bien un peu d’extase ?

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