evergrey_2015_Daily_ROCK

© Patric Ullaeus

 

Le monde du Metal est décidément éclectique. Autant de styles différents que de fans…et d’états d’esprit ! Pour schématiser, on pourrait comparer l’Histoire du Metal à un vieil arbre dont les racines iraient puiser dès la fin des années soixante et dont les branches les plus jeunes bourgeonnent chaque jour de nouvelles tendances. Ainsi peut-on mettre en parallèle l’évolution de l’attitude des fans. Au fur et à mesure des décennies, les familles, les clans se sont formés. Les murs se sont même parfois élevés, cloisonnant certains styles et leurs adeptes.

Autant dans les années quatre vingt, malgré l’apparition de courants plus extrêmes (thrash, death puis black), les fans pouvaient aisément s’intéresser et suivre des groupes aux styles parfois opposés (quel point commun entre un Slayer et un Dokken à priori ?), autant aujourd’hui les Metalheads ont tendance à s’enfermer dans un style propre. Il faut dire que les genres et sous-genres sont devenus multiples.

Cette longue introduction a pour objet de situer Evergrey. Ce groupe suédois (un de plus certes, mais majeur et emblématique), dont la carrière est déjà longue de quasiment vingt ans ne peut être affublé d’aucune étiquette précise. Evergrey se situe à la croisée de chemins sur lesquels les fans de metal progressif, de goth metal, de dark metal et de power metal pourraient se retrouver et se rejoindre.

Sans équivoque, le groupe suédois ne joue pas une musique joyeuse, invitant à la fête, au pogo un peu imbibé et à la convivialité. Il faut dire que son membre fondateur, Tom Englund, guitariste et chanteur, est un personnage impressionnant, habité, mystérieux. L’homme est torturé, et comme l’histoire de son groupe de toujours est également chaotique et complexe, la musique d’Evergrey se perpétue depuis 1996 dans un style définitivement sombre.Le genre de Metal dépressif, dans lequel on s’enfonce soit par goût pour le frisson et le mal-être, soit par pur masochisme.

Ne vous méprenez pas, Evergrey pratique un dark Metal progressif très riche musicalement, très complexe parfois, mais dont la principale caractéristique demeure dans les sentiments qu’il provoque chez l’auditeur. Et puis il y a la présence et la voix de Tom Englund. La simple présence du très charismatique créateur d’Evergrey sur scène fascine littéralement…
Après des années tumultueuses, Evergrey a failli sombrer pour de bon. Tom Englund restant le seul à bord du vaisseau fantôme…Malgré un succès grandissant au milieu des années 2000, sur la base des sorties des excellents ‘Recreation Day’, ‘The Inner Circle’ et ‘Monday Morning Apocalypse’, Englund s’est retrouvé abandonné par ses acolytes peu à peu, pensant mettre un terme définitif au groupe. Heureusement, avec le retour de Henrik Danhage (guitare) et de Jonas Ekdahl (batterie) le groupe a repris vie et vient de réaliser un excellent disque, ‘Hymns For The Broken’. Evergrey repart donc, soudé et motivé, sur les routes à l’occasion d’une tournée européenne printanière d’une vingtaine de dates. C’est ainsi un privilège de voir le Z-7, en configuration club, accueillir ce groupe suédois à découvrir absolument. Que vous soyez amateur de riffs tranchants, alambiqués, de chant pénétrant et magnifique, et surtout d’ambiances plombées, poignantes, sombres et tristes…C’est même une vraie chance de pouvoir assister à une prestation d’Evergrey dans une configuration plus intimiste. Ce genre de musique et de groupe prenant toute sa dimension au détour d’une lumière bleutée blafarde plutôt que sous une scène de festival écrasé par le soleil…

Evergrey nous fait donc l’honneur de nous rendre visite. Sachons leur rendre cette politesse…

[Hervé Rakowski]

www.evergrey.net

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