Un des plus grands festivals de France fête ses 30 ans d’histoire et nous en avons profité pour jeter un petit coup d’œil à la programmation du vendredi. Organisé dans le site naturel sur la presqu’île du lac de Maulsaucy, près de Belfort, les Eurockéennes ont su conquérir au fil du temps de plus en plus le public avec une programmation majoritairement rock, mais parfois éclectique et ouverte aux styles les plus disparus, du metal au hip-hop, du soul au blues. Ce n’est donc pas une surprise que dans les 30 dernières années des artistes comme Metallica, Marilyn Manson ou Slayer ont partagé la scène avec Pixies, Asian Dub Foundation ou Die Antwoord.

Nous arrivons dans les jolies coulisses du site, avec le lac qui encercle les festivaliers, pendant la diffusion du match entre France et Uruguay sous le chapiteau du Green Room. Le fait que les Bleus ont gagné met de bon humeur les gens présents. Le soleil brille et on profite pour se balader et apprécier la grande offre culinaire du festival avant de tomber sur la scène de la plage, une place vraiment très atmosphérique, avec la scène placée directement sur l’eau comme cela le public peut jouir les concerts depuis la plage avec la vue du lac à l’horizon. Très suggestif. Le pop rock de Our Girl mais surtout le soul de Michelle David & the Gospel Session embellissent l’ambiance et c’est vraiment dans une atmosphère relaxée qu’on admire la jolie voix de la chanteuse accompagnée de musiciens talentueux. On va donner aussi un coup d’œil sur la Grand Scène où les Anglais Nothing But Thieves nous proposent leur rock alternatif très influencé par les années soixante. Mais c’est pour des groupes de tout autre calibre que nous sommes monté à Belfort.

Quand il y a deux ans Tom Morello, Brad Wilk et Tim Commerford, le noyau de Rage Against the Machine, ont annoncé vouloir continuer leur activité avec Chuck D (Public Enemy) et B-Real (Cypress Hill) les cœurs des fans du groupe ont commencé à palpiter très fort ! A la publication du premier single ‘Unfuck the World’ et plus tard avec l’album complet, les fans n’ont pas été déçu. Ni Chuck D ni B-Real sont Zack de la Rocha, il faut être clair, ils sont des légendes du hip hop lui-même, mais la combinaison entre eux et le reste des ex-RATM marche bien, bordel si ça marche bien !

La Grand Scène est comblé de monde et depuis les premières notes de ‘Prophets of Rage’ de Public Enemy l’excitation et palpable. Sur scène les deux frontmen interagissent avec le public et Tom Morello bouge comme un malade, malgré une récente opération à la main. Là derrière Tim et Brad, une des meilleures sections rythmiques du rock, créent un tapis de groove énorme. S’ensuivent ‘Testify’ et ‘Take the Power Back’ et à partir de ce moment-là le public ne se contient plus. La set-list sera une alternance de morceaux des Prophets comme ‘Hail to the Chief’ ou ‘Unfuck the World’ avec des tonnes de classiques de RATM (‘Bullet in the Head’, ‘Sleep Now in the Fire’). Après ‘Fight the Power’ des Enemy, les musiciens du groupe quittent la scène en laissant les deux rappers et Dj Lord (lui aussi de Public Enemy) pour un medley to hits de leurs groupes principales: ‘Insane in the Brain/Bring the Noise/I Ain’t Going Out like That/ Welcome to the Terrordome’. Les moins rockers dans le public apprécient aussi en contribuant à augmenter encore plus la température. Le climax du concert arrive avec les trois derniers morceaux ‘Bulls on Parade’, ‘Freedom’ et le super-hit ‘Killing in the Name’. Tout le monde dans le public danse, saute et chante. Devant la scène le moshpit est très actif pour une atmosphère générale très chaude ! Quel concert.

Trent Reznor et Nine Inch Nails auraient eu du mal à faire mieux, surtout que leur discographie est moins accessible pour les masses d’un festival autant mainstream que Belfort. Les rangs beaucoup moins serrés démontrent qu’une partie du public est déjà partie ailleurs, mais peu importe. Trent pour les festivals pourrait jouer facile avec une setlist remplie de morceaux classiques en laissant les titres moins connus ou obscures pour les concerts en headliner, mais il ne serait pas le génie derrière NIN s’il n’aurait jamais expérimente en dehors des sentiers battus.

Le concert démarre avec un double depuis ‘The Fragile’ : ‘Somewhat Damaged’ et ‘The Day the World Went Away’. Pas mal comme début ! Je n’avais pas entendu ces morceaux en live depuis 10 ans ! La brutalité de ‘Wish’ fait bien espérer pour la suite du concert. Après ‘Less Than’, depuis le récent EP ‘Add Violence’, on reçoit en plein visage ‘March of the Pigs’ qui arrive avec la légèreté d’un marteau, suivie par ‘Piggy’. Pour les live, le groupe est composé de Trent Reznor, son ami et collaborateur Atticus Ross, Robin Finck et trois polis instrumentalistes, et Mr. Self Destruct semble bien motivé. Le son est clair, puissant… et les lumières sont d’un grand effet. A ce moment ils nous jouent quatre morceaux filés depuis les derniers deux EP, ‘Add Violence’ et ‘Bad Witch’. Peut-être parce que les morceaux ne sont pas encore bien connus ou à cause des compositions eux mêmes, mais l’atmosphère générale se relaxe et beaucoup de monde (plutôt les curieux) quittent la scène principale. Pas grave, plus de place pour bouger. ‘Copy of A’ redonne de l’énergie et est suivie par la surprise de ‘Burn’, morceau publié en origine sur la bande sonore de ‘Natural Born Killers’. Une autre surprise bienvenue arrive avec ‘I’m Afraid of Americans’, reprise de David Bowie, dans une version superbe.

Le concert touche à sa fin avec ‘The Hand That Feeds’ et une ‘Head Like a Hole’ violente et superbe ! Le groupe rentre sur scène pour une très touchante ‘Hurt’, chanté aussi par le public présent. Dans l’ensemble un très bon concert de Nine Inch Nails mais pour ce qui me concerne j’aurais aimé quelques vieux hits en plus (‘Sin’, ‘Terrible Lie’) pour laisser les expérimentations aux concerts en headliner. Mais bon… Trent is Trent is Trent.

La journée de festival n’est pas encore terminée et avant de partir nous allons donner un coup d’œil sous le chapiteau du Green Room pour le groupe français FFF. On doit admettre de ne pas les connaître, malgré leur longue carrière mais d’avoir découvert un groupe de haute qualité qu’avec leur funk-rock et spectacle sur scène arrive à faire danser tout le chapiteau ! Vraiment très sympa. Maintenant c’est l’heure pour la petite délégation Suisse de rentrer à la maison mais avec l’espoir de pouvoir bientôt retourner dans ce beau festival. Merci les Eurockéennes !

Auteur : Andy Gaggioli & Elli Göbel

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