L’Estivale Open Air a ouvert ses portes mercredi. Au programme, une soirée rock que le lac n’est pas près d’oublier.


Démarrage énergique, mais pas brusque

Le festival se rempli gentiment lorsque les Valaisans de The Last Moan allument les amplis. Le duo (guitare/batterie-voix) propose un rock juste assez énergique pour nous réveiller de notre sieste, mais pas brusque au point d’épuiser nos muscles pour la suite de la soirée. Malgré des transitions entre les morceaux pas toujours faciles, The Last Moan a réussi à se mettre le public dans la poche.

The Last Moan – Estivale 2019 © Davide Gostoli

 

Ne pas se fier aux apparences

Honnêtement, lorsqu’on ne connaît pas Last Train et qu’on les voit arriver sur scène avec leur look de gamins bien soignés, on se dit que ça ne va pas être terrible. Et puis ils tapent (oui, tapent) les premières notes, et boum ! On se prend une onde de choc de force maximale en plein dans la face. Les quatre Français envoient du lourd avec une énergie débordante. Ils se lancent dans des morceaux durant de longues minutes où cris du chanteurs se mêlent aux solos de guitares et aux riffs entêtants. Dommage qu’ils n’aient joué qu’à 19h et que le public se préservait encore pour les concerts suivants, sinon, ça aurait aussi été la guerre dans le public.

 

L’amour de la musique

S’il y a bien une personne qui respire l’amour de la musique, c’est Sacha Love. Dès les premières notes, le musicien et ses deux acolytes entrent comme en transe et emmènent le public avec eux. Lorsque Sacha Love se déchaîne sur sa guitare, ce n’est pas une onde de choc qui passe, comme pour Last Train, mais une onde de bonheur. Sa passion est communicative. Il s’improvisera même prof de danse et le public le suit dans tous ses délires. Le son est imparfait, gras, et c’est ça le rock. Mention spéciale au joueur de sousaphone qui a joué une heure avec un instrument qui avait l’air de peser une tonne.

 

Un coup de peigne et ça repart

Que dire de The Hives ? Que c’est probablement l’un des meilleurs groupes à voir en live ? Très certainement. Chaussures brillantes, costumes mi-noirs, mi-blancs, un peigne dans la poche de la veste, The Hives, c’était les beaugosses de la soirée. Mais c’est aussi certainement ceux qui se sont le plus dépensé ! Pour faire simple, tout bouge tellement sur scène qu’on ne sait où regarder. Pelle Almqvist, chanteur charismatique, a non seulement conquis ses fans en se peignant les cheveux entre deux titres mais aussi en faisant l’effort de parler un français presque parfait. Il l’a annoncé en cours de route « We’re gonna break les limites de décibels avec le crowd » et on ne devait pas en être loin ! On ressort de là émerveillés, mais totalement lessivés.

The Hives – Estivale 2019 © Alessia Merulla

 

Zone de récupération

On change totalement de rythme sur la Scène du Lac avec John J. Presley. Dans une lumière tamisée qui nous permet à peine de déceler les traits des trois musicien.ne.s, la voix de John J. Presley nous transperce. Grave, comme si elle appartenait à un vieil homme ayant fumé toute sa vie, cette voix est captivante. On est dans un monde totalement à part, un monde presque calme vu d’où on vient et vu ce qui nous attend après. On profite de reposer un peu nos jambes et c’est déjà l’heure de repartir vers la Grande Scène.

 

Papys de rêve

Voir Offspring entouré de seulement quelques milliers de personnes, c’est un peu comme si on les voyait dans un petit club à leurs débuts. Et que c’était bon ! Quelques rides se sont dessinées sur les visages des Californiens, mais l’énergie et la complicité sont toujours là. Dexter Holland et Kevin Wasserman n’hésitent pas à faire quelques blagues, histoire de faire respirer le public. Dès que la musique reprend, toute l’Estivale a à nouveau 14 ans. On se surprend à s’amuser comme on ne l’avait pas fait depuis longtemps, avec fougue et légèreté. Les papys du punk-rock ont mis une ambiance de folie à Estavayer-Le-Lac qui nous fera presque leur pardonner les 10 minutes tronquées à leur temps de jeu.

Texte : Alessia Merulla
Photos: Davide Gostoli & Alessia Merulla

Offspring – Estivale 2019 © Davide Gostoli