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Rockeuses, Rockeurs,

Une fois n’est pas coutume, pourquoi ne pas retirer nos œillères un instant et parler d’autre chose que du petit monde du rock à l’occasion d’un édito en forme de billet d’humeur d’un vendredi matin ensoleillé ?

C’est en effet à son réveil que votre serviteur a, il est vrai sans grande surprise, vu ses titres de presse favoris tous pollués par les mêmes images décadentes. Des légions de ses semblables dormant à même le sol dans les rues des capitales du monde, des cohortes dociles d’alternos trendy formatés par le département marketing de la plus capitalisée des valeurs boursières de ce début de millénaire, prêtes à hurler d’une même voix leur singularité et leur individualité si précieuse. Les images du triomphe, également. Le triomphe des plus appliqués, des plus persévérants, qui après une nuit d’attente faite de sac de couchage humide et de raviolis froids ont enfin, probablement sous le regard de ceux dont la rue n’est pas une lubie ponctuelle dictée par le grand capital, pu exhiber leur nouvelle acquisition la mine réjouie. Ceux-là seront salués par les applaudissements du reste du troupeau et du personnel de la firme, aussi reconnaissant pour son salaire que contaminé lui-même par un virus ourdi par les as de la communication et du branding. Comment en est-on arrivé là? Par quel prodige ce qui ressemblait un jour au progrès, à l’affranchissement des contraintes imposées par l’environnement s’est-il mué en cette forme de suffisance malsaine?

Par quel prodige ce qui ressemblait un jour au progrès, à l’affranchissement des contraintes imposées par l’environnement s’est-il mué en cette forme de suffisance malsaine?

Réjouis-toi, Prométhée, qui un jour brava Zeus pour nous libérer de ses facéties, de voir que notre égo et notre cupidité sont des maîtres bien plus cruels. Notre société s’est décidément trop roulée dans ses propres excréments.