Soirée progressive à la Z7 de Pratteln, où les guitaristes, batteurs et bassistes en auront pris plein les mirettes. Les chanteurs n’ont pu certainement apprécier, eux aussi, que la musique. Allez, récit.

Entrée en scène du guitariste Jason Richardson et de son batteur Luke Holland. Je me réjouis de voir évoluer Luke derrière ses fûts tant il est doué. Leur prestation commence, mais au bout du premier morceau, je sens déjà que cela va être compliqué, voir même longuet. Quelle expérience fantastique d’écouter un concert lorsque la guitare sonne très brouillon et que de la batterie, je n’entends que la grosse caisse et les cymbales. La sauce ne prend pas et ce concert est à mon grand regret, en plus d’être sans toms ni caisse claire, sans saveur ni musicalité. Trente minutes de scène et puis s’en vont, non sans nous dire quelques mots au micro que personne n’a compris. Micro et mute ça commence par la même lettre, cela a pu peut-être semer la confusion chez leur ingénieur du son.

La seconde première partie, si je puis m’exprimer ainsi, est assurée par Andy McKee. Là on va droit à l’essentiel. Un homme seul sur scène avec sa guitare acoustique. Son style consiste en un jeu de tapping et d’harmonies qu’il soutient avec des rythmiques qu’il frappe sur le corps de sa guitare. C’est franchement très talentueux. A le voir évoluer, tout cela paraît simple. C’eut été préférable de l’entendre dans une autre ambiance que celle d’un festival, dans un endroit plus cosy et propice à ce genre de prestation. Andy McKee, c’est un peu un Tommy Emmanuel mais en moins varié. Néanmoins, le moment est agréable et ne dure, lui aussi, que trente minutes. Tout comme les baleines, c’est assez.

La scène est prête depuis un bon quart d’heure, lorsque Dream Theater fait son entrée à 21h30 tapante, avec l’un des titres phare de leur dernier album Untethered Angel. Sa partie médiane instrumentale est en exemple de précision et leur petite balade en doubles croches, à l’unisson, un vrai régal. Petit saut de puce vers l’album Black Clouds and Silver Linings avec le titre A Nightmare to Remember, pour mieux revenir vers leur dernière galette et son Fall Into The Light. Le riff d’intro est tout aussi ravageur en live que sur l’album. John Petrucci fait étalage de tout son talent. Entre un son clean de guitare incroyable et un solo ‘ Gilmourien’, sa musicalité remplit l’espace. Jordan Rudess, relativement sage et en retrait ce soir, nous prouve aussi qu’il sait choisir un bon son d’Hammond.

Le public semble très concentré et attentif, et c’est avec joie qu’il acclame, dès ses premières notes Peruvian Skies de l’album pour dépressif Failling into Infinity (1997). Cette surprise fait vraiment plaisir. Tout porte à croire que les New Yorkais ont envie de jouer les meilleurs titres de leur dernier album et nous offrent sur un plateau Barstool Warrior. S’en suivra In The Presence of Enemies part 1. Les Ricains fouillent dans un large répertoire de leur discographie, et c’est tant mieux.  C’est avec déception que j’ai le bonheur d’entendre l’intro de Dance of Eternity. Je m’explique : cela veut dire que les musiciens n’interpréteront pas, lors d’une deuxième partie, l’intégralité de Scenes for a Memory, fussent-ils pourtant en tête d’affiche et qu’il y avait largement le temps. Mais je suis heureux d’entendre à nouveau cette masterpiece du quintet. Et puis, pour faire ma sale langue, c’est aussi un peu moins de 7 minutes sans James Labrie, ce qui est bon à prendre, tant l’homme m’exaspère avec sa voix poussive et criarde. Mais rien de neuf, vous en conviendrez. Bref, ce titre musical, c’est toujours du bonheur, et ce soir ne déroge pas à la règle, à une nuance près. John Myung bénéficia jusque-là d’un excellent son de basse. Mais que c’est-il passé lors de son fameux solo. Les cordes claquaient, sans réel son, ce qui ne permettait pas de clairement entendre ce qu’il faisait. Alors oui, je connais ce qu’il joue à ce moment, mais merde, frustration et puis c’est tout.

Je ne vais pas vous mentir, mais Lie est une sacrée surprise aussi. Je reste donc très éveillé pour ce titre de Awake (1994). L’intro du batteur Mike Mangini (ses doubles croches à une main, une merveille) lance le titre Pale Blue Dot du dernier Distance Over Time. Et en guise de rappel me direz-vous ? Alors on a droit à un morceau de Metallica As I Am. Mais non je blague !! Même si en parlant de l’album Train of Thought de Dream Theater dont ce titre est issu, c’est presque pareil. J’adore ce titre car il est bien couillu comme il faut et les parties solos des deux ‘J’(Jordan et John) incroyables. Mais n’a-t-il pas fallu que James Labrie vienne pousser une gueulante en toute fin de titre, ce qui finit d’asseoir les propos que je citais plus haut.

Un concert de DT d’une heure trente, ça laisse quand même sur la faim, tant on est plutôt habitués à des concerts plus longs où le minimum syndical n’a pas lieu d’être. Du coup, faut-il faire le déplacement à Guitare en scène dans quelques semaines pour les revoir ? Je crois que oui, car ce concert était très bon. Que pouvons-nous souhaiter à Dream Theater ? Qu’il retrouve la vague créatrice qui déferlait jusqu’à Train of Thought et que James Labrie donne son congé.

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Texte par Pierric Dayer
Photos par Cyril Damotte

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