La voix de Dream Theater depuis 25 ans, James LaBrie nous a passé un coup de fil pour nous parler de ce quart de siècle et sa passion est toujours intacte. Le 3 février, le groupe va rejouer leur mythique ‘Images and Words’ en entier sur scène. L’occasion pour lui de revenir sur leur carrière aussi longue que prolifique.

Quel regard portes-tu sur votre carrière après 50 ans ? Euh 25 ans (en réalité 30 ans) ?

James LaBrie : (rires) ça a été un voyage incroyable. Je crois que pour chacun d’entre nous, nos rêves ont été réalisés. Dire qu’on a été dans l’industrie pendant plus de 25 ans, c’est vraiment une réussite, personnellement. Et lorsque tu vois par combien de superbes musiciens tu es entouré, tu apprécies vraiment tous les buts que tu as pu atteindre.

Quelle est la force de Dream Theater ?

La chose fondamentale est que nous aimons ce que nous faisons. Nous avons grandi avec la musique. Dès le moment où tu es impliqué à 100% dans ton art, tu ne peux t’empêcher de penser que tu es pertinent et contemporain. Je pense que c’est ce qui nous permet d’avoir eu une si longue carrière. On a toujours essayé de rester attentifs à ce qui se passe actuellement. Pas en essayant de copier, mais juste d’être conscients de ce qui se passe. Devenir toi-même aussi. C’est ce qui te construit. Le fait que nous soyons encore très passionnés par ce que nous faisons et conscients de ce qui se passe autour de nous, c’est ce qui nous motive à continuer d’être le genre de groupe que nous avons été pendant plus de 25 ans.

Lorsque tu écoutes maintenant ‘Images and Words’, quel genre de sentiment as-tu pour cet album?

Pour moi personnellement, maintenant que nous l’avons revisité un peu ces derniers temps, je pense que c’est un album qui a passé le test du temps. C’est une sorte de testament intemporel. C’est aussi l’album qui nous a introduit au monde à une plus large échelle. C’est celui qui a fait de nous un groupe international. En le réécoutant, je me sens toujours affecté, remué, aussi fortement que je l’étais à l’époque. Pour moi, cela en dit beaucoup sur le genre de musique et de production que nous avons fait à ce moment-là. Soyons honnêtes, lorsque cet album est sorti, c’était le genre de musique que personne ne faisait plus car le grunge était vraiment aux avants-postes, le thrash également. Cet album était plutôt audacieux. Quand je regarde en arrière, je me dis qu’il tient bien le coup.

Ressens-tu toujours la même excitation à chanter ces morceaux ?

Oui absolument ! je pense qu’on ressent tous cela. A chaque fois que nous avons joué ces morceaux à travers le temps, je pense que ça fait vibrer une corde à chacun d’entre nous. Maintenant que nous allons le jouer du début à la fin sur plusieurs dates, ça va nous amener à un autre nouveau niveau. On est définitivement très excités à l’idée de le jouer !

Est-ce que tu as un morceau en particulier que tu aimes chanter ou est-ce un tout pour toi ?

C’est vrai que pour moi, c’est une entité à part entière car chaque chanson m’est chère. Mais si je devais ne choisir qu’un morceau, ça serait… c’est vraiment un choix difficile…mais probablement ‘Learning to Live’ car c’est un morceau qui me touche. Il est épique, dynamique, très progressif, dynamique vocalement aussi. Ce morceau est un morceau clef du groupe je pense. Et je pense que plein de fans autour du monde pensent cela également.

Si tu le compares à ‘The Astonishing’, votre dernier album, que vois-tu ?

Je voix des similarités dans le sens où nous n’avons jamais perdu notre identité. Et je pense qu’avec ‘The Astonishing’, on voit l’album d’un groupe qui a 25 ans de tournée dans les jambes. Il inclut toujours de la variété dans les morceaux, des styles éclectiques. L’élément prédominant dans ‘The Astonishing’ est le côté progressif et metal en même temps. ‘Images and Words’ contient également ces deux éléments. La musique sur ‘The Astonishing’ est un vrai testament de la manière dont on a évolué en tant que groupe et en même temps, dont on a réussi à garder notre identité musicale tout en gardant ce côté très expérimental. Je pense que ‘The Astonishing’ est en réalité aussi risqué et culotté que l’as été ‘Images and Words’ en 2016. Un double-album avec deux heures de musique… plusieurs personnes pourraient nous traiter de fous (rires). Mais nous continuons à faire les choses telles que nous pensons. Si on continue la musique, cela doit être selon notre approche. Si ça marche, c’est super, sinon nous devons l’accepter.

Après toutes ces années, d’où tirez-vous votre inspiration en 2017 ?

Je pense que cette tournée va nous inspirer. Cet anniversaire. On va jouer ‘Images and Words’0 et d’autres morceaux dont nous savons qu’ils vont plaire aux fans. Ce n’est pas simplement fêter un anniversaire, c’est aussi nous voir vibrer toujours autant en tant que groupe qui n’a pas perdu de sa hargne.

Cela fait longtemps que vous vus côtoyez avec John Petrucci, John Myung et Jordan Rudess, comment faites-vous pour toujours bien vous entendre ?

C’est le respect mutuel. On se respecte en tant qu’être humain et en tant que musiciens. Nous avons traversé quelques moments difficiles, nous avons eu nos périodes où nous devions passer outre nos égos ou chacun pensait être plus important que l’autre. Nous avons finalement compris que cette aventure existe et continue grâce au fait que chacun est comme il est et ce que nous représentons collectivement.

Cela a dû être compliqué lorsque Mike Portnoy (ex-batteur et l’un des fondateurs du groupe) a décidé de quitter le navire ?

Oui, comme nous l’avons souvent répété, c’était inattendu, on ne l’avait pas vu venir. On a été choqué en fait de voir que quelqu’un qui faisait partie du groupe depuis le début avait décidé d’aller de l’avant. On a dû réunir nos pensées, penser rationnellement et aller de l’avant aussi. Dans les 24h, on savait qu’on voulait continuer après un break. Mais c’est vrai que cela a été un moment déconcertant.

Comment faites-vous face aux critiques maintenant ? Est-ce différent d’avant ?

Tu sais quoi, tu auras toujours des gens qui critiquent je suppose et d’autres qui apprécient le groupe. Même nos plus grands fans peuvent ne pas aimer un jour ce que nous proposons que ce soit sur ‘The Astonishing ou sur un autre album ou ce que nous jouons en live. Tu ne peux pas satisfaire tout le monde, c’est impossible, tu ne peux pas. La meilleure direction à prendre je pense que c’est de rester honnête avec toi-même et faire ce que tu ressens. Cela va montrer qui tu es et, à partir de là, accepter ce qui vient en retour. Mais je dois dire que nous sommes vraiment chanceux car nous avons assez peu de critiques par rapports aux retours positifs que nous avons du monde entier.

Tu as pris part plusieurs fois au projet d’Arjen Lucassen, Ayreon. Il va faire une série de concerts spéciaux avec plein d’invités en septembre. Tu ne seras malheureusement pas présent. Si ton emploi du temps te l’avait permis, aurais-tu fait partie du projet ?

J’adore Ayreon, je trouve qu’il est phénoménal et que c’estun très talentueux artiste, musicien, compositeur. J’aime ce qu’il fait depuis longtemps. Oui, j’aurais adoré faire partie du projet. J’ai chanté sur son nouvel album (ndlr : ‘The Source’, sortie 28.04.17), mais c’est vrai que mon agenda est complètement plein. Il y a le 25ème anniversaire de Dream Theater et je suis en train d’écrire un nouvel album solo avec Matt Guillory. Je voudrais l’enregistrer et le sortir et le promouvoir dans le courant 2017 si possible et pourquoi faire quelques concerts avec mon groupe. Donc c’est vrai que je suis bien occupé (rires). Je l’ai expliqué à Arjen et il a bien compris. Il a dit qu’il aurait adoré m’avoir pour les shows car j’ai beaucoup participé à ses projets. Cela ne veut pas dire que cela ne pourra pas se faire dans le futur. Nous avons fait ‘Theatre of Equation’ en septembre 2015 et cela a été une expérience incroyable, un spectacle mémorable.

Que peut-on souhaiter pour Dream Theater pour les prochaines 25 années ?

Que l’on continue à faire de la bonne musique et d’évoluer en tant que groupe. De continuer aussi longtemps que nous pourrons nous donner à 100%. Nous sommes redevable à la musique car elle nous a donné une belle vie, mais de rester impliqué à 100% est le plus important. Si un jour, on se doit ‘c’est assez’, même si je pense que ce moment est loin d’être arrivé car on a beaucoup de choses en nous et beaucoup de choses à prouver encore. Continuer d’être qui nous sommes, Dream Theater.

En concert, le 3 février 2017 au Samsung Hall à Zurich.

‘The Astonishing’

Roadrunner Records

www.dreamtheater.net

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