© Jimmy Fontaine

© Jimmy Fontaine

Le groupe américain, après le succès de leur album éponyme en 2014, nous propose ‘The Astonishing’, un opéra-rock en deux actes en guise de treizième album studio. N’ayant plus rien à prouver à personne, Dream Theater s’amuse encore comme des fous et nous le prouve de manière épique!


Peux-tu résumer cet album en quelques phrases?
John Petrucci (guitares) : Cela se passe dans 300 ans, et quelque chose ne se passe pas comme il le devrait, ce qui crée des remous dans la société. Le monde est remplit de pirates, de dictateurs, de paysans qui bossent pour l’aristocratie… En pensant à la façon dont la technologie a pris le contrôle dans notre monde actuel, et dont les machines font le travail des gens, je me suis demandé si au bout d’un moment, les humains arrêteraient de faire de la musique et les machines s’en chargeraient. La seule musique qui existe dans ce futur est créée par des machines qui se nomment ‘Nomacs’ et qui produisent de la musique électro de merde. Il y a un personnage dans cet empire qui est né avec le ‘don’ de la musique, et tout le monde est étonné car ils n’ont jamais entendu de la ‘vraie’ musique auparavant. Il devient donc le catalyse pour inspirer une révolution. Ça, c’est donc l’histoire de base (rires).

C’est vraiment élaboré! Comment avez-vous mis cela en place?
Je savais qu’il fallait que j’écrive l’histoire d’abord, et qu’elle soie très détaillée pour que tout le groupe ait l’idée la plus précise qu’il soit. Tout a ensuite évolué, et on s’est dit qu’on allait faire un spectacle en soit, avec un vrai orchestre et uniquement de véritables instruments. On voulait que les gens aient une expérience exceptionnelle et voient ce concert dans des endroits inattendus, là où l’on voit des ballets ou des opéras. Cela m’a pris un an pour mettre cela en place. Le groupe s’est vraiment emballé, et nous avons créé la musique avec Jordan, puis sommes rentrés en studio pour enregistrer. C’est une procédure bien longue qui nous a pris presque deux ans et demi au total.

Cette histoire verra le jour sous une autre forme?
Oui, il y a plein d’artworks qui vont voir le jour pour que les gens comprennent les personnages, je trouve cela très important. Il y a aussi un site d’information où nous laissons de nouvelles infos quotidiennement. Le jour de la sortie de l’album, toutes les informations que nous voulons donner seront sur ce site web. Si tu veux savoir de quoi une chanson parle, tu cliques dessus, il y a une carte, des fiches d’explications qui détaillent les protagonistes. Mais nous prévoyons aussi un roman, ou un film, ou une sorte de comédie musicale. Il y a tellement de choses que nous pourrions faire grâce à ce concept!

Cela me fait penser à l’univers de Harry Potter, tandis que l’écrivain sortait ses livres, le public en voulait toujours plus, et cela a donné naissance à un autre monde.
Je pense que nos fans vont adorer. On aime tous ce genre d’univers à la Game Of Thrones, Star Wars, des mondes qui évoluent, surtout si tu aimes ce genre de musique prog, où tu est fasciné par les choses qui évoluent, qui sont épiques… Nos fans sont à fond dedans. Ils cherchent toujours des significations profondes, mais cette fois-ci nous leur avons donné un monde très profond et détaillé!

Avez-vous créé des paternes en matière de construction d’album?
Il n’y a pas une chanson super-épique de vingt-cinq minutes tu sais. Notre album fait 2 heure 15, c’est hyper long, mais c’est une longue histoire en fin de compte. Il y a deux actes et trente-deux titres, ce qui est énorme. Mais certains interludes sont créées par les Nomax, des trucs hyper-électro-horribles. Certains titres sont sombres, d’autres dramatiques, d’autres encore sensibles et beaux, tout dépend de ce que nous montrons, de quel personnage nous parlons, c’est comme regarder un film. J’ai l’impression que cet album est surprenant de bout en bout.

Et ceci vous a permis de découvrir d’autres territoires musicaux?
Absolument. On voulait beaucoup de musique, donc tout prenait beaucoup de temps à faire, les paroles m’ont pris un temps fou à écrire, organiser l’orchestre, c’est titanesque. Mais la musique venait naturellement, car nous savions où nous diriger suivant les humeurs ou les scènes.

Et vous allez donc faire ce spectacle dans des endroits inattendus?
Oui, bien que nous n’allons pas tourner avec un orchestre complet, je ne pense pas qu’on arriverait à tous rentrer sur scène (rires) et ce serait beaucoup trop cher, on aurait dix-sept bus! Mais on va faire un DVD plus tard avec un orchestre et rendre le tout épique. Nous avons dit à notre bookeur ‘Dream Theater tourne depuis un sacré moment, nous avons joué partout. Cette fois, nous voulons un environnement particulier. Alors choisis des endroits iconiques avec des places assises, tels des balais, des théâtres, afin de créer un monde atypique pour nos fans, afin qu’ils se détendent dans un endroit qui sonne bien.’

Cela ne te fait pas peur d’avoir des places assises?
Non, on l’a déjà fait et j’aime assez, les gens peuvent se poser, car nos concerts sont assez longs. Et nous pouvons ajouter quelque chose de très visuel.

Quels groupes te réjouis-tu de découvrir en 2016?
Je ne sais pas vraiment, à vrai dire j’ai été très plongé dans la composition de ce nouvel opus et n’ai pas pris beaucoup le temps pour écouter quelque chose d’autre que… nous! (rires) Je ne sais pas, je ne crois pas être la meilleure personne à laquelle tu pourrais demander ça! (rires) [Jillian Blandenier + Fantin Reichler]

www.dreamtheater.net

‘The Astonishing’ disponible maintenant!

En concert le 23 mars au Kongresshaus de Zürich

Articles similaires

2 Réponses

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.