Contrairement à ce que la bête grimaçante de la pochette de ʿCupid Biteʾ peut nous laisser penser, Don’t Kill the Beast n’a pas l’intention de nous faire chavirer à coup de riffs métalliques. C’est plutôt tout le contraire : d’abord le projet solo du chanteur David Blum, Don’t Kill The Beast s’est ensuite mué pour ce second album en un groupe au grand complet. Cette nouvelle configuration parvient à donner au son de ce projet à l’origine sensible et modeste plus d’ampleur et d’ambition, toujours centré autour de la voix cristalline de Blum. Un bémol : pourquoi régulièrement gâcher le cachet de cette voix particulière par de grossiers effets, comme c’est le cas d’entrée de jeu avec ʿSpooky Selfʾ !? Il y aurait de quoi prendre, effectivement, ses jambes à son cou… Mais qui décide de rester aurait bien des raisons de le faire. En guise de récompense : une ambiance toute rétro qui équilibre son manque d’ »attaque » avec une certaine douceur, plutôt charmante, qui donne envie de se blottir au fond de son canapé, sous son plaid, un thé à la main, en égrenant ses souvenirs d’enfant. L’album, dans son ensemble plutôt mélancolique et serein, propose par moments un éclat rock, à la façon du morceau éponyme, qui n’est pas sans faire penser à The Strokes. Au fil de ses morceaux, qui tous traitent d’une manière ou d’une autre les thématiques de l’amour et du partage, Don’t Kill The Beast espère bien percer notre cœur de sa flèche, à l’image de la créature ailée, cette bête grimaçante, qui illustre la pochette de l’album, en tenant sa guitare comme un arc, prête à clamer sa première victime. Alors, vous l’avez, la ʿcupid biteʾ ? [Chiara Meynet]

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3.5/5

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