« Ils n’étaient pas comme les autres groupes qui foutent le bordel juste parce qu’ils pensaient que c’était ça, être rock n roll. Non, Mötley Crüe faisait les pires conneries imaginables parce que c’était Mötley Crüe. »
Citation – Doc McGhe, le manager du groupe

 

The Dirt, en français, ça signifie « la crasse ». C’est aussi le titre du livre autobiographique de Mötley Crüe écrit par Neil Strauss et le groupe, véritable saga hollywoodienne classée X, sorti en 2001, et il le porte bien : drogue, sexe et rock’n roll mais aussi overdoses, chambres d’hôtel saccagées, groupies, bastons, engueulades, accidents…

Dix-huit ans plus tard, on nous annonce la sortie du film… pour la cinquième fois au moins depuis quelques années ! En 2006, Paramount Pictures et MTV Film s’intéressent à transposer l’histoire au cinéma, mais en veulent une version tempérée, projet qui passe donc à la trappe étant donné que le groupe ne désire pas un résultat trop policé. Lors de la traduction du livre en 2007, on parlait déjà de sa version pour le grand écran programmée pour … 2008 ! Comprenez bien qu’on n’y croyait pas. Sauf que cette fois, ça parait de plus en plus vrai, un premier trailer venant confirmer l’annonce : un biopic retraçant les aventures de Mötley fucking Crüe allait sortir, basé sur l’autobiographie du groupe. Je pensais jamais pouvoir écrire ça, mais le 22 mars est donc sorti « The Dirt : Confessions du groupe de rock le plus sulfureux au monde » sur Netflix.

« Ce livre est dédié à nos femmes et nos enfants, en espérant qu’ils puissent nous pardonner pour ce que nous avons fait. »

Tout d’abord, la question que tout le monde se pose : le film est-il aussi cru que le livre ? Les doutes ne tardent pas à être dissipés car le film s’ouvre sur une scène de Tommy Lee en plein cunnilingus en public. Interdit aux moins de 18 ans, il donne certes un bon aperçu de la débauche dans laquelle le groupe baignait, mais n’égale tout de même pas le livre au niveau des détails crus.

C’est déjà compliqué de faire un biopic sur un groupe étant donné que tout le monde a son propre rapport au groupe et qu’il est difficile de ne pas tomber dans un résultat un peu convenu et ringard, et c’est encore plus compliqué d’adapter un livre à l’écran. Combinez les deux et la tâche devient quasiment impossible. Pourtant, le réalisateur Jeff Tremain (lui-même fan du groupe, et qui a aussi réalisé les Jackass, il nous fallait bien ça pour obtenir un film qui ose montrer ce qu’il faut montrer pour refléter la réalité) s’en est très bien sorti.

Le film a gardé l’esprit du livre où chaque membre du groupe raconte une partie de l’histoire en donnant par moment cet aspect de narration en voix off à certains membres du groupe. Au niveau cinématographique, on note plusieurs moments où le quatrième mur est brisé (le quatrième mur étant celui, imaginaire, entre le spectateur et les acteurs, cette expression désigne le moment où on s’arrête en pleine scène et un acteur sort de l’histoire du film pour regarder la caméra et s’adresser directement au public). Cet effet renforce l’idée que le film est tiré d’un livre autobiographique.

Impossible de résumer 430 pages de folies trash et plus de 30 ans de carrière en 1h48 de film (mais pour ceux qui se posent la question, oui, on retrouve Ozzy et l’épisode des fourmis ! ) mais on y voit la formation du groupe, sa signature avec Elektra, Sunset Boulevard, le Whiskey a Go-Go, les principales copines et femmes des membres du groupe…

Le seul détail qui m’a dérangé est de voir un film sur un groupe des années 80 avec une image autant clean, cela faisait comme une sorte de décalage. Mais j’imagine qu’il aurait été compliqué aujourd’hui de faire un film façon années 80 ou 90..

Passons au casting ! On retrouve donc Machine Gun Kelly dans le rôle de Tommy Lee, Daniel Webber(The Punisher) pour le chanteur Vince Neil, Douglas Booth est Nikki Sixx et Iwan Rheon (Game of Thrones) prend le rôle du guitariste Mick Mars. Dans le rôle du manager Doc MgGhee, on retrouve David Costabile (Breaking Bad). L’ado optimiste et naïf Tommy, le fugueur sauvage Nikki, le vieux sarcastique Micky et l’égocentrique obsédé Vince … le tout a très bien été repris et sonne crédible : façon de parler, relations au sein du groupe, mouvements et attitude sur scène… Le groupe est crédité en tant que coproducteur du film : l’équipe avait donc à ses côté le « vrai » groupe en cas de question,  que ce soit directement sur le tournage, au téléphone ou par vidéoconférence. Tout a été mis en oeuvre pour que le tout sonne au plus juste : Douglas Booth (qui interprête Nikki Sixx) a donc pris des cours de basse et passé du temps avec Nikki afin de mieux s’imprégner de son personnage au point de s’informer sur la façon dont il se piquait à l’héroïne, de ses pensées durant sa période d’addiction et même de l’aspect de ses veines lors des shoots !

Un soin tout particulier a été apporté aux perruques des acteurs, qui ont coûté entre dix et quinze mille dollars pièce !

Et enfin, la bande originale, sortie chez Mötley Records et Eleven Seven Music, avec le producteur Bob Rock ! Le groupe a sorti pour l’occasion quatre nouveaux titres dont »The Dirt (Est.1981), un titre est une collaboration avec le rappeur Machin Gun Kelly, qui joue Tommy Lee dans le film. Les trois autres titres sont « Ride With The Devil », « Crash And Burn » et une reprise de « Like A Virgin » de Madonna. Soyons honnêtes, ces quatre titres ne feront pas partie de ceux dont on se rappellera longtemps !  Mention spéciale à la reprise de Live Wire par Meghan Kabir qui accompagne à merveille le moment du film où elle passe. Dommage qu’elle ne figure pas sur la BO originale !

Seul point négatif du film : les 20 dernières minutes avant le générique de fin qui traînent en longueur. Les événements qui y sont présentés sont certes nécessaires mais auraient pu être traités plus rapidement. Heureusement que le générique de fin vient rétablir ça en montrant côte à côte des images tirées du film et les images originales du groupe, démontrant à quel point on peut se casser la tête quand on veut faire un biopic au plus près de la réalité !

Je vous laisse, je vais ressortir mon pantalon en cuir et ma veste léopard !

 

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