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Les fans du groupe thrash zurichois ont frissonné une première fois en 2011 à l’annonce du retour du groupe , après un silence étourdissant de 15 ans. L’officialisation du départ de Marky, le batteur de toujours, a encore ému les inconditionnels au printemps dernier. L’officialisation de l’arrivée à sa place de Diego Rapacchietti a le mérite de les rassurer sur le futur du groupe. Le Daily Rock a rencontré le batteur italo-suisse à l’occasion du SYLAK OPEN AIR où CORONER se produisait en tête d’affiche.

Diego, pour les fans de CORONER qui ne te connaissent pas, ou mal, saurais-tu nous retracer ton parcours musical ?
DR : je joue de la batterie depuis l’âge de 10 ans, cela fait donc un sacré bail, je vous laisse calculer comme cela je peux cacher mon âge réel (rires). J’ai participé ensuite à mon premier groupe en 1991. Il s’agissait d’un groupe qui s’appelait Zero, où sévissait l’un des meilleurs guitaristes suisses de l’époque, Angi Schilirò.On a sorti un album et tourné énormément dans toute l’Europe jusqu’en 1996. Ensuite j’ai joué dans Paganini entre 2001 et 2008, avec plusieurs albums à la clé. Paganini était un groupe très connu il y a une vingtaine d’années, faisant par exemple la première partie de Mötley Crüe sur toute leur tournée européenne.
J’ai également joué avec Oni Logan, le chanteur de Lynch Mob, le groupe de George Lynch (guitariste de Dokken ndla), et participé à la création en parallèle du groupe français Venturia, basé à Montpellier.
J’ajoute qu’en plus d’appartenir à ces différents groupes, j’ai toujours fait également beaucoup de sessions d’enregistrement en studio, dans tous les styles musicaux.

Et quel est le processus qui t’a amené à devenir le nouveau batteur de Coroner ?
DR : Après Venturia, j’ai fait la rencontre de Tommy Vetterli avec qui j’ai travaillé et c’est par son intermédiaire d’abord que j’ai rejoint 69 Chambers, le groupe de sa future femme, Nina Treml. Et lorsque Marky, le batteur de Coroner a décidé de quitter le groupe, ne désirant pas s’investir dans de nouveaux projets, Tommy a pensé que j’étais la solution idéale pour le remplacer.

Comment as-tu appréhendé à titre personnel ton arrivée dans Coroner ?
DR : Franchement…Coroner, groupe culte quoi ! Ce n’était pas du tout évident pour moi d’intégrer un groupe aussi emblématique, marqué par une triple entité éternelle. Les trois musiciens du groupe, Marky (batterie), Ron (chant et basse) et Tommy (guitare) ont toujours été indissociables, et chacun avait un rôle bien déterminé dans le fonctionnement du groupe…Je mesure ma chance, mais je sais aussi que c’est uniquement parce que Marky a décidé de quitter Coroner que je fais partie désormais du groupe. Pour lui, le projet de « réunion » prenait fin dès lors que le groupe voulait entrer dans un processus de réalisation d’un nouvel album…
Je dois avouer que j’ai sauté de joie quand Tommy m’a proposé de rejoindre Coroner !

Connaissais-tu bien Coroner avant de rejoindre le groupe ?
DR : La valeur et le statut du groupe bien sûr. La discographie, pas en détail je dois bien l’avouer…Et une fois le bonheur d’intégrer le groupe réalisé, je me suis vite rendu compte du travail énorme que cela allait nécessiter avant d’être opérationnel ! Il m’a fallu plus de trois mois de travail et de répétitions pour être prêt: la musique de Coroner s’avère tellement complexe et technique, voire « élastique », qu’il m’a fallu m’investir à fond. Et pas seulement en termes de travail technique . J’ai dû aussi y mettre tout mon coeur et mon âme…Mais désormais, j’éprouve une immense joie et surtout un grand honneur d’être le successeur de Marky .

Afin de t’imprégner de la complexité de la musique de Coroner, a-t-il été nécessaire que tu écoutes en profondeur la discographie du groupe ?
DR : Non, en fait je me suis immédiatement focalisé sur les chansons jouées en concert. Ces titres représentent d’ailleurs selon moi un panel représentatif de l’univers du groupe . Maintenant que je commence à me sentir à l’aise avec ces morceaux, je me penche sur le reste de la discographie de Coroner.

T’es-tu heurté à des difficultés techniques particulières sur certains titres ?
DR : Non, pas particulièrement. Avec Venturia par exemple, je jouais déjà une musique complexe. La difficulté réside plutôt dans l’art de maîtriser une musique que l’on n’a pas écrite soi même…Et pour Coroner, le plus compliqué était surtout de se souvenir de tous les passages différents des morceaux, des changements de rythmes, etc…car la structure des morceaux du groupe est particulièrement alambiquée.

Sur scène, te contentes-tu de jouer littéralement les parties de Marky ou, au contraire, apportes-tu des touches personnelles ?
DR : Oui, j’essaie d’apposer ma signature, dans la mesure où je pense que cela peut apporter vraiment quelque chose au titre ! Mais comme les morceaux sont déjà très bien écrits à la base, je me contente d’apporter des « touches de couleur » en quelque sorte… De toutes façons, l’arrivée d’un nouveau musicien dans un groupe apporte inévitablement un peu de nouveauté.

Comment se sont déroulés tes premiers concerts avec le groupe ?
DR : Pour le premier show à Winterthur, j’étais particulièrement nerveux, d’autant que Marky était présent, ainsi que de nombreux fans originels, prêts à m’observer à la loupe. Je crois que globalement j’ai réalisé une bonne prestation, même si tu sais que je ne suis jamais pleinement satisfait après coup …

Vous êtes ensuite partis rapidement en tournée en Australie. Cela a dû être assez particulier pour toi, sachant que Coroner n’y avait jamais mis les pieds …
DR : Oui effectivement. Mais l’accueil qui m’a été réservé a été excellent de la part de tout le monde, public compris. Le staff sur place était très professionnel, s’agissant principalement de musiciens, ce qui a bien facilité le travail. Nous avons joué à la fois en tête d’affiche ou lors de festivals. Le seul vrai problème, c’est de faire une tournée en Australie sans jamais avoir rencontré un seul kangourou !! Je dois donc en conclure que les kangourous en Australie, ce n’est qu’un mythe ! (rires)

T’inscris tu dans un processus de longévité avec Coroner ?
DR : Oui, clairement. J’ai trouvé ma place et j’espère rester longtemps !

Vas tu collaborer au travail d’écriture concernant les titres du futur album ?
DR : Oui, bien sûr, et même au niveau des textes. Si j’écris quelque chose d’intéressant et qui intéresse Tommy et Ron, pourquoi pas ?

Le groupe a mis un certain temps avant d’officialiser son projet de nouvel album : peut-on désormais avancer une date de sortie ?
DR : Non, pas encore. Mais nous avons pris clairement conscience de la nécessité de nous manifester. Nous réalisons que l’attente du public est importante. L’envie est là de notre côté. Nous sommes très motivés mais chacun étant patient et perfectionniste, cela prendra encore du temps je pense…

Tu as une vie professionnelle très riche, entre tes différents groupes, tes sessions studio, tes leçons de batterie etc… : ton arrivée au sein de Coroner t’oblige-t-elle à faire certains sacrifices ?
DR : Non, pas de vrais bouleversements, juste quelques réajustements.Faute de temps je dois quitter certains groupes avec lesquels je jouais, moins connus que Coroner. Pour d’autres, même s’ils sont bien sûr moins importants que Coroner, je tiens à continuer. Finalement, tout n’est que question d’organisation. Chaque membre du groupe possède un métier prenant. Nous devons tous faire des efforts et nous adapter afin de libérer du temps pour Coroner.

Je ne peux terminer cet entretien sans te demander des nouvelles d’un groupe qui m’est particulièrement cher, je veux parler de 69 Chambers…
DR : Nous avons tous eu besoin d’une année sabbathique, car nos activités diverses le nécessitaient. Le groupe est resté en sommeil pendant un an, mais je peux te donner une bonne nouvelle. Dès l’année prochaine, il y aura de l’actualité concernant 69 Chambers. Une démo est déjà prête. Mais là encore, nous prendrons notre temps. il n’y aucune dead line pour le moment…

Je te laisse conclure Diego ?
DR : Merci ! J’espère juste que les fans de Coroner seront contents de ce que je vais réaliser avec le groupe. Et même les inconditionnels de Marky (rires) ! [Hervé Rakowski]

www.coroner-reunion.com

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