Daily Rock a posé ses valises pour deux soirs au Festival Nox Orae le weekend dernier, histoire de marquer le coup de son 10ème anniversaire. Un anniversaire diablement réussi, grâce au cadre toujours idyllique du Jardin de Roussy (à la Tour-de-Peilz) et à une programmation rock de rêve, exigeante et savoureuse.

Le jeudi soir, c’est au groupe Suisse Hyperculte qu’il revient l’honneur d’ouvrir le bal. Duo batterie-contrebasse formé de Simone Aubert (Massicot) et de Vincent Bertholet (Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamps), les deux musiciens genevois secouent une assistance encore relativement clairsemée en ce début de soirée, en assurant une prestation de haut vol. Une bien belle manière de mettre sur orbite l’édition 2019 du Nox Orae.

Vient ensuite le tour des Américains de Low. Groupe mythique de la scène rock alternative, fort d’une longévité d’un quart de siècle, considéré comme l’inventeur du ‘slowcore’, le trio de Duluth (Minnesota) stupéfie le public durant presque une heure trente d’un concert sublime. Le setlist se structure principalement autour du dernier album du groupe, le magnifique ‘Double Negative’, sans toutefois oublier certains morceaux moins récents tels que ‘Plastic Cup’, ‘No Comprende’ ou encore le splendide ‘Especially Me’.  Textures sonores denses, rythmes implacables, distortions lourdes, voix mélancoliques et rayonnantes. Le public est happé par le son. Une vraie claque! 

 

Autre groupe américain, autre style. Deerhunter se montre d’emblée moins introspectif et plus extravagant que Low, à l’image de son charismatique leader, Bradford Cox. Révélé par ‘Halycon Digest’ en 2010, le groupe est avant tout venu présenter son dernier album ‘Why Hasn’t Everything Already Disappeared?’. Rock psyché, dreampop, indie rock, tout y passe dans le répertoire de Deerhunter. Sur scène le groupe fait la part belle aux guitares bruyantes et offre une prestation captivante, avant que les Allemands Die Wilde Jagd ne clôturent définitivement une première soirée de festival parfaitement réussie.

C’est pour quatre groupes très différents que nous nous rendons une nouvelle fois à Nox Orae le lendemain. La soirée démarre avec les jeunes Vaudoises de Sun Cousto et leur musique teintée de punk et de mélodies pop. Vient ensuite le groupe Californien de Deerhof, qui offre une superbe prestation, proposant une musique déjantée parfaitement maîtrisée. Mais le groupe à priori le plus attendu ce soir, le grand nom de la soirée (voire de l’édition 2019), ce sont les Flaming Lips. Un groupe connu pour ses shows extravagants, taillés pour des scènes bien plus vastes que celle du petit festival vaudois.   

Et pourtant, Wayne Coyne et les siens n’ont renoncé à aucun de leurs artifices scéniques habituels. Dès le premier titre, se succèdent lancés de ballons, pluies de confettis, canons à fumée, robot rose gonflable et arc-en-ciel géants, le chanteur allant jusqu’à s’offrir une traversée du public juché sur une licorne blanche. Kitch et exagéré? Certainement, mais on ne peut s’empêcher de savourer la présence d’un tel groupe dans le petit écrin du Nox Orae. Un joli coup des programmateurs du festival, à n’en pas douter.

 

Il est minuit passé lorsqu’entrent en scène les Suédois de Viagra Boys, dernière formation du jour. Une bonne partie du public n’est visiblement venue que pour eux. Et autant dire qu’elle ne sera pas déçue! Le groupe frappe fort d’entrée de jeu avec l’emblématique ‘Research Chemicals’, un titre synthétisant parfaitement la puissance sonore des Viagra Boys, mêlant un groove post-punk imparable à l’écriture décalée de Sebastian Murphy, leur chanteur sur-tatoué. Les morceaux s’enchaînent ensuite sans faiblir, pour le plus grand bonheur des adeptes de danses bousculatoires présents dans l’assistance. Les Viagra Boys quittent finalement la scène après un peu plus d’une heure d’un concert à l’intensité folle, aussi mémorable que cette 10ème édition du festival Nox Orae. Longue vie à eux et rendez-vous en 2020 !

www.noxorae.ch

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