edito

Rockeuses, Rockeurs,

C’est sans doute la saison qui veut ça, mais depuis ce début d’année pondre un édito dans la presse écrite n’a plus tout à fait la même signification. Versons-nous un grand verre de scotch, et prenons un peu de recul…

Maintenant que toutes les formes de presses et de réseaux vous ont probablement abreuvés de tous les points de vue possibles et imaginables, que reste-t-il ? Vous avez probablement lu, vu et entendu tout un ramassis de conneries et vous éprouvez une pointe de lassitude coupable à voir évoqué une énième fois le sujet que votre serviteur peine à nommer.

Qu’est-ce qu’un mag parlant de rock peut bien avoir à foutre de l’actualité ?

Vous me direz : « Qu’est-ce qu’un mag parlant de rock peut bien avoir à foutre de l’actualité ? ». Vous aurez raison. Formellement du moins. Le fait est que nous aussi, on en a plein le cul de certains discours et qu’ils affectent chacun d’entre nous. J’ai entendu les mots les plus ronflants, les causes les plus nobles, tolérance, « vivre ensemble », liberté d’expression, bourdonner à mes oreilles comme tant d’artifices pour amener les agendas les plus vils. A peine un ancien de la NSA a-t-il tracé une cible sur son torse pour nous pousser à nous interroger sur la valeur de la libre parole et des droits des individus que l’émotion, somme toute légitime, des derniers événements, nous fait sombrer dans les pires travers sécuritaires. Nous serions naïfs de croire que la sphère artistique n’est pas touchée. Uniformisation du discours, surveillance des réseaux, émergence de l’Internet « civilisé » comme cheval de bataille politique… Le rock dans son ensemble est né comme vecteur de la contestation ; notre époque nous incite à l’unité à tout prix. Si seulement ce discours pouvait être novateur… Il n’est qu’éculé. La peur fait rejaillir la plus basse faiblesse en nous. Ne reste que cette question lancinante : à qui profite réellement la terreur ?