L’affiche du 52ᵉ Montreux Jazz Festival se pare d’un bleu saisissant. L’œuvre de l’artiste suisse Christian Marclay se comprend avant tout dans les contrastes et les tensions. Si les cassettes évoquent un certain retour aux supports analogiques, leur fracture renvoie également à l’évolution des modes d’écoute. Reflet d’une époque où le streaming côtoie les vinyles, la police d’écriture pixelisée brouille les pistes entre analogique et numérique.

«Ce regain d’intérêt pour l’analogique est fascinant. On aime avoir quelque choseentre les mains. Les pochettes nous manquent, l’échange de mixtapes aussi.La musique est avant tout un événement social. C’est pour cela qu’on se rend à un concert: pour être présent et vivre un moment unique.»
Christian Marclay

Reconnu comme l’un des pionniers du turntablism, Christian Marclay a très tôt réalisé des performances sonores à partir de l’altération, voire de la destruction de disques vinyles. Sur l’affiche, la destruction des cassettes suscite paradoxalement une impression plutôt pop et festive. Les bandes magnétiques semblent en effet jaillir tels des cotillons en fin de concert, et se dévoilent tels des filets de peinture, non sans rappeler l’expressionnisme abstrait d’un Jackson Pollock.

LE CYANOTYPE REMIS AU GOÛT DU JOUR

Pour réaliser cette oeuvre, Christian Marclay a utilisé le procédé du cyanotype, mêlant ainsi les médiums et les époques, le sonore et le visuel. Cette technique ancienne permet d’obtenir un tirage monochrome en posant un objet sur une surface photosensible et l’exposant à la lumière du soleil. « C’est de la photographie sans appareil », résume Christian Marclay. Le bleu, inhérent au procédé, évoque par ailleurs la couleur du jazz et du blues, aux racines du Festival. Dans un article de 2016 sur le retour du cyanotype, le New York Times rappelait que Christian Marclay a utilisé ce procédé dès 2008.

Toutes les infos sur le site du festival.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.