Hé oui, le Blues Rules Crissier Festival fêtait cette année sa 10ème édition, festival de blues atypique qui s’articule autour du blues des collines du Nord Mississippi et du blues alternatif. Comme à son habitude, le programme de 2 jours est un savant mélange de groupes américains, européens et suisses.

Parmi les américains, les points d’orgue furent évidemment les descendants de RL Burnside, Kent et Cedric et aussi Kenny Brown, dont le North Mississippi Hill Country Picnic est l’inspiration même de l’esprit du Blues Rules. Kenny Brown qui accompagna durant sa carrière quelques grands noms du blues (dont RL Burnside) et dont le répertoire personnel est également à écouter. Tous ont présenté des set sublimes et se sont invités les uns les autres dans leurs prestations. A noter également en matière d’excellence du côté des américains l’époustouffante prestation de The Como Mamas, qui ont emballé le public avec leur gospel franc et énérgique ! Dans un tout autre genre, Johnie B. & Queen Iretta Sanders Blues Band Revueont également fait danser le public avec leur Chicago blues enjoué et festif.

Egalement venus des US, Todd Albright nous a fait une démonstration de blues acoustique sur une guitare 12 cordes, chose assez rare pour être relevée,  et David Evans, éminent musicologue, historien du blues mais également musicien, nous a gratifié de vieilles balades entre le blues et le country blues. C’est également lui qui menait le Ol’Timer Blues Caravan à l’heure de l’apéro, le samedi, accompagné des suisses Floyd Beaumont and the Arkadelphians, qui assurèrent en outre et avec brio les interludes entre les différents sets pendant les 2 jours du festival, en alternance avec DJ Phil.

Du côté suisse on retiendra également l’ouverture du samedi soir sous une pluie battante par David Minster & Band, vainqueur du tremplin Blues Rules FNAC et par ailleurs sélectionné pour la finale du prochain Swiss Blues Challenge. Djely Mamou Kayouté, de Lausanne, apporta une touche africaine au festival, malheureusement également sous la pluie. Le Choeur Auguste, de Lausanne également, avait ouvert la bal le vendredi soir avec ses versions chorales du répertoire de Johnny Cash ou d’Elvis Presley.

Du coté européen il nous faut citer les duos belges et italiens qui ont clôturé la soirée. The Goon Mat & Lord Benardo ont mis le feu à la scène en finale du vendredi soir, tellement que personne ne voulait les laisser repartir et Don Leone ont assuré la fin du samedi soir, devant un public boueux mais heureux. Delgrès était une des têtes d’affiche  du vendredi soir avec son blues créole et engagé et j’étais personnellement très heureux d’entendre enfin ce groupe dont on parle de plus en plus dans tous les coins de l’Hexagone et qui mérite absolument ce succès montant. Last but not least, Marceau Portron était déjà venu les années précédentes au Blues Rules pour assurer les intersets et c’est sur la grande scène cette année qu’il se produisit.

Si la soirée du vendredi s’est déroulée sous des cieux cléments, la pluie s’est malheureusement invitée le samedi soir, faisant déborder le Crississippi (cette rivière située entre Crissier et le Mississippi) et rendant le terrain très boueux. Si cette météo capricieuse a retenu beaucoup de monde chez eux, il faut féliciter les 600 personnes qui seront restées jusqu’au bout, le programme n’ayant finalement subi que de petits retards, et qui auront apprécié l’une des plus belles soirées du Blues Rules, toutes éditions confondues.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.