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Un remake des « Oiseaux » d’Hitchcock, modernisé avec des effets spéciaux numériques, des fusillades, des explosions et un message écolo new age : c’est vous dire à quel point déjà on était mal barrés.


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Passé en plus à la moulinette de James Nguyen, ça donne des oiseaux kamikazes explosifs en images de synthèse pourries de chez dégueulasse fondant sur une bande de blaireaux tête à claque qui arrivent à jouer encore plus mal que les piafs.

Nous suivons Rod, qui vient de réaliser la vente de sa carrière à un million de dollars. Tout lui réussit puisqu’il vient aussi de rencontrer Nathalie, mannequin débutante pas insensible à son regard de mérou. Mais sa vie bascule lorsque, vers la moitié du film et alors que les deux tourtereaux viennent de conclure, la ville est attaquée par des aigles devenus fous qui s’écrasent sur les maisons dans un déluge d’explosions mal faites et égorgent les humains grâce à leurs ailes acérées (!). S’ensuit une fuite éperdue en voiture ponctuée de rencontres, d’aventures et (surtout) de stratégies de survie d’une monumentale bêtise.

La partie visuelle de Birdemic en constitue bien sûr la principale attraction, comme les quelques visuels ci-contre peuvent en témoigner. Et pourtant, en mouvement le résultat est bien pire encore : en plus d’être redoutablement moches, les oiseaux psychopathes ont en plus la bizarre habitude de léviter sur place en 2D par la grâce d’une animation indigne d’un GIF du siècle dernier. Chaque apparition d’un volatile est l’occasion d’un nouvel éclat de rire, les scènes d’attaque étant tout particulièrement délicieuses tant les oiseaux, les personnages et les décors s’intègrent on ne peut plus mal. Les aigles sont évidemment les véritables stars du film : non seulement ils piquent sur leurs cibles tels des Stukas (avec le bruitage approprié) avant d’exploser dans une gerbe de flammes, mais on apprendra aussi que leurs excréments sont radioactifs. Ainsi cette scène qui voit une escadrille d’aigles fondre sur un groupe de survivants, lâcher la sauce et s’enfuir à tire d’aile pendant que les pauvres figurants se tordent de douleur comme s’il venaient d’être aspergés d’acide. James Nguyen je t’aime !

BRÛLOT ÉCOLO
Et puis Birdemic, c’est aussi un message, parce que flûte, les jeunes d’aujourd’hui savent aussi être conscients des enjeux du monde qui les entoure. Et l’enjeu en l’occurrence, c’est que le réchauffement climatique, c’est pas bien. Moi, sur le papier, je n’ai rien contre, mais dans l’exécution je suis vent debout. Pourchassés par des oiseaux tueurs, sa copine et lui commencent par pique-niquer en plein air plutôt que dans leur voiture et finalement trouvent refuge dans une forêt (Rod, c’est le genre de type qui pour échapper à Dracula irait se planquer à la banque du sang !). Ils rencontrent un ermite qui disserte pendant trois minutes sur les arbres qui sont merveilleux et qu’il faut protéger. Il est tellement rasoir le vieux qu’il chercherait à nous vendre des allumettes et un bidon d’essence, il ne s’y prendrait pas autrement.

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« Birdemic » nous offre également des moments de nanardise majeurs dans un domaine qu’on n’attendait pas : la prise de son. C’est le deuxième effet James Nguyen. Personne ne s’est donné la peine d’atténuer les bruits de fond et le montage a gardé une bonne demi-seconde de blanc au début et à la fin de pratiquement chaque réplique : on a en permanence l’impression que les personnages, pourtant face à face, sont chacun dans deux pièces bruyantes différentes et très éloignées. Le pire se produit lors d’une réunion de bureau où le boss annonce une bonne nouvelle : les plans d’allégresse s’enchaînent au mépris de la continuité du travelling et du son pour un résultat tout simplement hallucinant d’amateurisme.

« Birdemic » respire le projet amateur par tous ses pixels DV, ce qui rend d’autant plus saugrenu le fait que James Nguyen ait dépensé tant d’efforts et d’argent pour le sortir en DVD comme un vrai film. Comme simple projet personnel, il n’y aurait rien eu à redire. Seulement voilà, James a voulu en faire un vrai film, du coup il a droit à sa vraie chronique.

[Julien Gautier]
Retrouvez l’intégralité de cette critique – et des centaines d’autres – sur www.nanarland.com, le site des mauvais films sympathiques.

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