La Z7 de Pratteln a décidé de faire un cadeau aux guitaristes et batteurs durant cette soirée du 2 juillet. Belle manière pour la majorité des musiciens présents de fêter le début des vacances estivales. Ce soir pas de chant, juste des notes. Récit.


C’est avec le guitariste Canadien Nick Johnston que nous commençons notre épopée musicale de ce soir. Accompagné d’un batteur et de bandes son, il nous fait d’entrée la démonstration de son jeu tout en finesse avec un son ‘semi-clean’ qu’il ne quittera quasiment pas de tout son set. Phrasé, fluidité dans le jeu et sens mélodique sont à l’honneur. D’un point de vue personnel, je sens à certains instants des influences à la Guthrie Govan. Le batteur est au service de la musique de l’Ontarien tout en exécutant quelques morceaux de bravoure rythmique lorsque ceci s’avère utile. Une superbe entrée en matière qui nous fait dire que cette soirée sera incroyable.

Place ensuite à un autre guitariste, David Maxim Micic. Comme il le dit sur sa page Facebook ‘ I’m David, and I make music, that’s pretty much it I guess’. Personnellement, il m’arrive aussi de me nourrir et de boire en plus de la musique, mais bref, enchanté David !

Le line-up est le même que pour le premier concert. Et surprise, le même batteur est derrière les fûts. Donc un batteur, un guitariste et des bandes son. Nous rentrons dans une toute autre philosophie, une autre approche de la guitare. L’ensemble sonne plus heavy, plus lourd et plus agressif. David joue avec une bonne ‘disto’ et ça envoie sévère. Son style se veut plus progressif et plus planant que son prédécesseur. Ses compositions sont plus complexes, ce qui n’est visiblement pas pour déplaire au batteur, qui nous fait la démonstration d’une technique irréprochable. Notamment lors de ‘breaks’ ou d’accents sur les cymbales qui apportent une réelle plus-value à l’ensemble. Même batteur, donc au même service du guitariste et de sa musique que tantôt.

Ces deux premières parties étaient très intéressantes et en totale adéquation avec la tête d’affiche de ce soir. Musicalement très fort, mais visuellement fade. On entend basse, claviers, guitare rythmique, mais sans les voir, car sur bandes ! Voilà le gros point noir de ces deux prestations. Je dirais même frustrant. De ce point de vue, il manquait clairement de la substance.

Vous voulez danser, taper du pied ou reprendre en cœur la mélodie ? Mauvaise soirée ! Le trio d’Animals as Leader, la tête d’affiche de ce soir, n’en a strictement rien à foutre que vous n’y arriviez pas. Au contraire, ils font tout pour que ce soit impossible.

Formé en 2007, ce groupe est une référence incontournable dans le milieu du metal progressif et du djent. Probablement aussi à mon sens, le plus complexe et extrême. Pour les guitaristes présents, voir évoluer Tosin Abasi et son jeu en ‘tapping’ doit certainement être exaltant. Et pour moi batteur lambda, pouvoir observer le jeu du batteur Matt Garstka me provoque une pilo-érection généralisée. Avec lui, la batterie se transforme en cour de…’Matt’ !

La somme de travail est inimaginable pour atteindre un tel niveau technique. Mais comment diable font-ils pour savoir où ils en sont. Les mesures se suivent… et ne se ressemblent pas. Tantôt pairs puis impairs. Sur certaines parties somme toute déjà suffisamment compliquées, le batteur nous offre des polyrythmies quasi-incompréhensibles. A se demander s’il ne possède pas un cerveau par membres tant son indépendance est complète. Les compositions sont longues (c’est du prog et ça passe pas à la radio !) mais jamais le trio ne sera pris en défaut. Pourtant, Dieu sait s’il y aurait matière à se planter. Nous passons une soirée incroyable où l’admiration se mélange à l’exaltation. Voir parfois à la frustration tellement tout cela a l’air facile ! Pas de ‘blabla’ inutile, les mecs sont là pour jouer. Ils ont un job à faire et ils le font à la perfection.

Public de connaisseurs et de musiciens, car cette musique est faite pour des musiciens par des musiciens. Malgré l’élitisme de ce style musical, la notion de plaisir n’est pas en reste, sur scène ou dans l’assemblée. En cette soirée du 2 juillet 2017, l’humain a cédé sa place au règne animal.

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