Comme à son habitude, la chanteuse new-yorkaise ne se censure pas et aborde des sujets qui fâchent, révoltent, énervent avec un certain humour aussi, dédramatisant le tout. Elle aime soulever le débat et ne sombre jamais dans le politiquement correct. Avec ‘There will be no Intermission’, elle se lance dans un discours qui trouve écho dans les oreilles des plus démunis et stigmatisés. En y racontant les derniers épisodes de sa vie, elle y expose finalement ce que tout un chacun est susceptible de vivre un jour ou l’autre.


Nue avec une épée dans la main le bras levé sur la pochette. Est-ce que les femmes sont en guerre ?
Ha ! Non. Je pense qu’on est tout le temps en guerre contre quelque chose : nous-mêmes, nos idées, notre monde, notre passé. J’ai le sentiment que cette pochette décrit mon état en ce moment : nue, vulnérable, triomphante. Je sais qu’il y a beaucoup de batailles qui m’attendent. Mais j’ai déjà gagné la bataille contre moi-même.

Il y a deux morceaux qui m’ont particulièrement émues car ils abordent des sujets pas très populaires. Le premier est ‘Voicemail for Jill’ qui parle de l’avortement et du fait qu’il n’y a pas vraiment de soutien pour ces femmes.
J’ai eu trois avortements, un enfant et une fausse-couche. Et je suis à un point de ma vie où je suis heureuse de parler de tout ça, sans honte. C’est important de nos jours étant donné le recul du droits des femmes en matière d’avortement. J’avais envie de donner une voix aux millions de femmes qui sont passées par l’avortement, seules, dans l’inconfort et honteuses. Je me sens comme appelée pour ce genre de travail jusqu’à la fin de mes jours car personne n’était là pour moi. Dans mon cas, même dans la trentaine, je pensais que l’avortement était cette chose honteuse que tu devais cacher. Je rêve d’un futur où la compréhension des rituels de l’avortement et des fausses-couches, par la communauté et les tribus en général, soit aussi évidente que la naissance, le mariage et la mort des enfants.

Le deuxième morceau c’est ‘Confession of a Mother’ dans lequel tu es incroyablement honnête sur la difficulté d’être mère et le fait que tu peux faire des erreurs.
Cette chanson m’a choisie. Jason Webley et moi nous sommes mis au défi d’écrire une chanson un jour d’un trait et c’est ce qui en est sorti. Elle est longue car je n’ai pas eu le temps de la modifier et, dans un sens, cela parle très sincèrement la maternité. C’est un bazar géant, tentaculaire et névrosé.

Tu as écrit une chanson incroyable sur Weinstein, ‘Mr. Weinstein will See you Now’. Pourquoi penses-tu que Metoo est arrivé maintenant ? Pourquoi personne n’a écouté la parole des femmes avant 2017 ?
Regarde chaque mouvement : Les Droits Civils, le vote des femmes, l’apartheid. Cela a atteint un point de rupture. Et maintenant arrive l’appel de la liberté.

Quels genres de feedbacks as-tu reçu concernant sa vidéo, avec toutes ces femmes réunies s’exprimant d’une seule voix?
Ça a été incroyable. J’avais l’impression que c’était presque devenu un outil de guérison. J’ai eu beaucoup de retours sur la façon dont cela a aidé certaines femmes à voir le bout du tunnel de leur expérience de viol ou d’agression. J’espère que cela se passer aussi comme cela pour ‘Voicemail for Jill’. Je souhaiterais que cette chanson devienne comme un carnet de note clandestin que les femmes pourraient prendre à la clinique d’avortement. J’aimerais aussi que ‘Mother’s Confession’ puisse amener une sorte de soulagement pour une jeune maman ou un jeune papa. J’aime écrire de cette façon… comme une vieille chanson folk. Il y a une application pratique à cette musique.

Tu as récemment fait quelques concerts avec Brian Viglione. Y-a-t-il une chance de voir un nouvel album des Dresden Dolls et une tournée européenne ?
Oh oui ! Rejoins la mailing list et tu sauras tout !

There will be no Intermission
Cooking Vinyl
www.amandapalmer.net
note 4/5

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.