C’est à l’occasion de leur concert au Manoir Pub de St-Maurice, que le Daily Rock a décidé de rencontrer ce groupe lucernois, déjà bien actif hors de nos frontières. Entretien avec Patricia et Arnaud, respectivement claviériste et chanteur du combo, dans le calme des coulisses du Manoir Pub.


Pour les lecteurs du Daily Rock qui ne savent pas qui vous êtes, pouvez-vous nous présenter Abinchova ?

AR- Oui bien sûr. Nous sommes un groupe de death metal melodic originaire de Lucerne et nous sommes actif depuis 2009. Nous avons déjà joué environ une centaine de concerts en Suisse, mais aussi à l’étranger. A notre actif, nous pouvons compter sur deux albums et sur quelques EP aussi. Et là nous sommes en train de réaliser notre troisième album. Si vous aimez le folk-death metal et les guitares, vous devriez aimer Abinchova.

PA- Exact, l’explication d’Arnaud est parfaite, je n’ai rien à ajouter (rire).

Que signifie Abinchova ?

AR- C’est le nom du village où le groupe a vu le jour. C’est en vérité le nom latin de ce village qui s’appelle maintenant Ebikon et qui se trouve très proche de la ville de Lucerne.

Wegweiser est votre dernier album. Vous allez sortir bientôt votre prochain opus. A quoi doit-on s’attendre ?

PA- Plus de guitares et plus de riffs très heavy.

AR- Si vous avez aimé notre dernier album qui était très porté sur les guitares, vous allez aimer. Par contre si vous aviez préféré le côté plus folk de notre premier album, il faudra je pense un peu ajuster votre écoute. Il y aura beaucoup de mélodies, et nous sommes ravis des titres que nous avons composé. Ce nouvel opus s’appellera ‘Weltenwanderer’, qui signifie ‘voyageur du monde’. Ce sera définitivement notre album le plus heavy.

Pensez-vous que le meilleur album d’Abinchova est celui à venir ?

AR- Pas facile de donner une réponse, car l’on espère toujours que le prochain album sera le meilleur.  Mais nous sommes confiants, car ce prochain LP est un cran au dessus des autres. Il est plus mature et les compositions sont plus élaborées. Nous avons aussi essayé de fournir un effort plus poussé au niveau des paroles. Notre producteur nous a vraiment aidés à ne garder que les parties qui étaient cohérentes et efficaces. Je suis super excité de dévoiler au public nos nouvelles compositions.

PA- J’aimerais rajouter que plus de membres du groupe ont été impliqués dans la création de ce CD. Pour l’album précédent, deux compositeurs étaient quasiment venus avec le produit fini. Ils avaient en tête comment les instruments devaient sonner et où. Cette fois-ci, c’était définitivement plus un travail de groupe, même si Nora (violon) et Michi (guitare) restent les principaux compositeurs. Il y a d’ailleurs une grande différence entre les démos que Michi nous jouait, et le produit final. Par contre, cette fois-ci, nous avions assez de compositions, et nous avons pu choisir lesquelles figureraient sur l’album.

AR- Et ce sera quand même un long album d’environ cinquante minutes.

Les pochettes de vos albums, c’est toi Arnaud qui les dessines. Est-ce que ce sera encore le cas ?

AR- Tout ce qui concerne l’aspect graphique du groupe, sur les CD, vinyls ou le merchandising, je le dessine. Je trouve mon inspiration dans les vieux magasins de livres, sur de vieux bouquins pas chers. J’essaye toujours de dessiner, selon moi, la parfaite illustration de ce que nos paroles racontent.  Mais pour l’instant en ce qui concerne le nouvel album, je n’ai pu dessiner que la couverture, pas encore le reste. Mais si nous avons un label dans le futur, il faudra voir s’il accepte nos graphismes. Et si oui, je continuerais à les faire moi-même.

Vos paroles parlent de contes et de légendes suisses. Est-ce que ce sera toujours d’actualité?

AR- Oui pour la plupart des paroles. Mais il y aura aussi un peu de poésie romantique distillée dans nos textes.

Vous avez été sélectionné par un jury pour aller jouer au Wacken festival. Racontez-nous cette expérience lors de cet énorme rassemblement metal européen ?

AR-  Nous avions déjà eu la possibilité de jouer sur des grandes scènes avant (notamment au Metalcamp et lors de la croisière 70000 tons of metal) donc nous savions un petit peu à quoi nous attendre. Mais nous sommes arrivés au Wacken vraiment bien préparés. Nous étions évidemment très enthousiastes.

PA- C’est vrai, comme tu le dis, nous avions joué de grande scène, mais là l’organisation derrière la scène est totalement hallucinante. C’est vraiment énorme. C’est aussi une chance de rencontrer des personnes de l’industrie musicale. Il y avait beaucoup de monde, quelque chose comme 2500 personnes, et nous étions surpris, car nous jouions juste après midi et l’on se demandait si le public viendrait nous voir.

AR- Bien sûr, nous sommes restés pour tout le festival et avons profité pour faire la fête tous ensemble. Vraiment une très belle expérience.

Que pouvez-vous nous dire sur la future tournée au Japon avec Eluveitie ?

AR- Qu’on est super excités (rire). C’est toujours bénéfique d’avoir la possibilité de jouer dans de nouveaux pays et dans de nouvelles salles. On est heureux, car nous avançons et allons toujours plus loin avec Abinchova. Nous ne stagnons pas. Et nous avons de la chance qu’Eluveitie nous ait choisis pour cette tournée.

PA- Ce sont aussi quelque part des sortes de vacances pour le groupe. Car cela nous coûte de l’argent et nous allons rester pour deux semaines, pas uniquement pour nos concerts. Nous voulions vraiment profiter de cette occasion pour visiter le japon, car aucun de nous n’y a jamais été.

AR- Tu sais nous faisons notre musique de la manière la plus professionnelle possible, mais tout cela reste un hobby, alors nous voulons aussi prendre du bon temps.

Je vais rebondir sur ce que tu disais là. Abinchova reste un hobby en dehors de vos emplois respectifs. Pensez-vous possible d’arrêter un jour votre travail et de ne vous consacrer plus qu’uniquement au groupe ?

AR- En restant réaliste, ce n’est pas possible en Suisse. C’est presque impossible de faire vivre chaque membre du groupe avec un revenu égal, disons avec les standards Suisses que nous avons. Eluveitie, grand groupe de notre pays, environ 200 concerts par année, avec le niveau d’implication que cela comporte, les membres arrivent tout juste à bien vivre.

PA- Oui, il y a deux ou trois membres qui arrivent à vivre correctement. Les autres, ils leur arrivent de devoir jouer dans des mariages ou des bals, pour pouvoir faire rentrer un peu d’argent. Avec un groupe de metal, en Suisse, c’est vraiment très difficile.

AR- Donc on ne rêve pas, cela n’arrivera pas et l’on garde nos jobs et la musique restera une passion.  On doit être content de ce que l’on fait, et ne pas faire trop de plans pour le futur.

En tant que groupe, quelles erreurs n’allez-vous plus reproduire ?

(Long silence de la part de nos deux amis).

AR- Compliquée comme question.

PA- Comme nous n’avons pas beaucoup d’expérience dans l’industrie musicale, on a juste tendance à croire tout ce que les gens nous disent. Donc plus tu emmagasines de l’expérience, moins tu fais d’erreurs et plus tu peux voler de tes propres ailes. Il faut juste essayer de faire les choses et apprendre justement des erreurs.

AR- Peut-être un conseil que je nous donnerais serait de demander plus souvent une deuxième opinion. Ne plus simplement jouer son concert, mais aller à la rencontre des gens, du public, se faire des contacts, c’est quelque chose d’important. Une erreur que nous ne devons pas faire, c’est que s’il y a un problème dans le groupe, il faut tout de suite en parler et mettre les choses sur le tapis, ne pas laisser aller.

Pour finir cette interview, dites-moi ce que vous voulez.

PA- (rire) Venez assister à nos concerts, n’ayez pas peur de venir à notre rencontre, partager une bière et discuter. N’oubliez pas d’écouter nos albums aussi.

 

 

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